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"NON ! BRAQUER UNE MANIFESTATION N'EST PAS UN GESTE RESPONSABLE"

publié le mercredi 31 mai 2017

Ce mardi 30 mai 2017, à 6h du matin, la police rennaise, armée et cagoulée, venait arrêter 7 personnes à la suite de la manifestation du 27 avril 2017 à Rennes. Quelques jours à peine après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle 2000 personnes avaient réussi à manifester dans le centre ville. Ce jour-là, un moment de confusion avec un motard de la police, visiblement trop près de la foule, fit vivre une extrême tension aux centaines de personnes de ce cortège. Alors que cette manifestation fût la seule à réussir à exprimer véritablement un dégoût des résultats du premier tour, elle se voyait pointée par l’arme d’un policier. Toutes les autres tentatives entre avril et mai avaient rapidement été écourtées par des violences policières, des nasses, des arrestations. Celle-là, voyait, en prime, la normalisation d’un geste insensé. Non ! Braquer une arme de poing sur une foule ne sera jamais un geste responsable, fut-elle en colère de se voir constamment réprimée pour avoir simplement essayée de manifester.

L’affaire qui se présente aujourd’hui n’est pas sans nous rappeler les modes opératoires de la police lors d’assignations à résidences, d’interdictions de manifester et d’autres arrestations fallacieuses dans le cadre du mouvement contre la loi Travail. Nous percevons bien le double enjeu de ces opérations. D’un côté, il y a la répression de l’opposition politique afin d’assurer un début de mandat sans réaction, de l’autre, il y a l’augmentation et la consolidation de la marge de manœuvre des policiers.

Ce 31 mai, les sept personnes arrêtées s’apprêtent à passer en comparution immédiate. Le deux jours plus tard, trois autres personnes arrêtées le jour-même de la manifestation, passeront elles aussi devant le juge. Nous qui prendrons part aux mouvements sociaux qui s’annoncent, et qui comprenons bien le message lancé par le pouvoir, nous affirmons notre solidarité avec les inculpés et exigeons l’abandon immédiat de toutes les poursuites dont il font l’objet. Nous appelons par ailleurs à prendre part au rassemblement de soutien aux trois camarades arrêtés le 27 avril, ce vendredi 2 juin à 16h devant la cité judiciaire, à l’occasion de leur procès.

Nous ne nous laisserons pas intimider.

La Maison de la grève. 31 mai 2017