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PROJECTION DE "RUPTURE", À PROPOS DES GRÈVES ÉTUDIANTES DE 2012 ET 2015 AU QUÉBEC - MARDI 17 JANVIER

publié le mercredi 11 janvier 2017

Rupture est un film du collectif d’action en cinéma "épopée". Projection mardi 17 janvier, 20h, maison de la grève. En présence d’une membre du collectif.


Le Québec a connu de Février à Septembre 2012, la plus grande et plus longue grève étudiante de son histoire. Les étudiant-e-s étaient en grève contre le projet d’augmentation de 75 % des frais de scolarité déjà extrêmement élevés et rédhibitoires pour les moins riches.

Outre la grève générale étudiante illimitée, des manifestations monstres rassemblent des centaines de milliers de personnes. Concerts de casseroles, émeutes, plus d’une trentaine de manifestations nocturnes successives, actions de blocages et sabotages sont aussi mobilisées pour faire plier le gouvernement.

La lutte rencontre une féroce répression (prison, amendes, contrôles judiciaires, tir de flashballs à hauteur de visage, nasse des manifestations, etc.) et en mai est voté une « loi spéciale » visant notamment à empêcher les blocages des cours et au final, à tuer la grève. Cette répression et les brutalités policières ont provoqué, à l’image de l’échec de l’opération César, ici, en 2012, un élargissement du mouvement et des problématiques qu’il soulève bien au-delà d’une simple question étudiante.

En mars 2015, à l’annonce d’un nouveau plan d’austérité, s’initie un nouveau mouvement de grève qui durera plusieurs mois et rassemblera plusieurs dizaines de milliers d’étudiant-e-s.

Rupture recueille la parole d’une trentaine de militantes et militants aillant participé activement aux grèves étudiantes de 2012 et de 2015. Ce film se penche sur la rupture causée par la répression policière et la réaction des pouvoirs politiques et médiatiques à la grève. Plusieurs lignes le traversent : Le sens de la violence en politique, le renversement des rapports avec les institutions (famille, syndicats), les problèmes de la démocratie représentative et de la représentation au sein d’un mouvement de lutte, l’échec de la solution électorale qui a mis fin à la grève, ainsi que le constat d’un fonctionnement patriarcal et d’une attitude machiste tant au sein des associations étudiantes que de la part des policier.e.s et des gardien.ne.s de prison. Plusieurs des participant.e.s à Rupture ont été blessé.e.s et criminalisé.e.s en 2012 et 2015, et plus de la moitié sont des femmes. La réalisation a été assurée par le groupe Épopée auquel se sont joint des militant.e.s du mouvement de 2012.

Le film original, réalisé dans le cadre de l’installation "Fraction", dure environ 5h ; nous en projetterons des extraits sélectionnés par une des membres du collectif épopée, qui sera présente.


Pour un récit vivant du mouvement de 2015, lire les articles du collectif littor.al.