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APPEL DE LA MAISON DE LA GRÈVE

publié le dimanche 31 octobre 2010

Les semaines écoulées ont vu se dérouler en France une large vague de contestation de la politique ultra-libérale et réactionnaire du gouvernement. Blocages économiques sur tout le territoire, débrayages et grèves salariales souvent spontanés, mise en branle d’une jeunesse révoltée par l’absence de futur désirable, que l’agression policière ordonnée par le gouvernement n’a pas su faire taire. Telles ont pu être les manifestations d’une vague qui tire sa force de la profondeur du dégoût qu’inspire ce modèle économique dément ; modèle qui n’a plus que le recours au sécuritaire, au fichage généralisé et à la peur de l’Autre, notamment l’Étranger, pour assurer sa survie.

Cette vague qui a débordé et les directions syndicales, et les cadres habituels des pratiques manifestantes (défilés, pétitions, négociations), cette vague a frappé de stupeur médias, politiciens et patronat. Spontanéité, autonomie, solidarité par delà les statuts, les métiers, et les appartenances syndicales, des dynamiques semblables aux mouvements des Antilles et de la Réunion de 2008-2009, ou des années 70 sont réapparues dans l’Hexagone.

Le mouvement qui se développe rénove et réactualise avec audace les formes de luttes. La grève a changé, elle ne se cantonne plus aux divisions socioprofessionnelles, elle n’est plus la simple cessation du travail par les salariés : elle incarne désormais l’expression commune d’un refus. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle structure a été créée à Rennes : l’Assemblée Générale Interprofessionnelle.

Cette assemblée, composée de salariés de diverses professions, du public comme du privé, syndiqués ou pas, de chômeurs, de précaires, d’étudiants, a siégé pendant une dizaine de jours place du parlement. Il n’était plus possible pour les participants de se rencontrer ainsi, sans local pour se réunir, s’organiser et préparer des actions devenues quasi-quotidiennes.

Malgré de nombreuses démarches et demandes, la mairie ne nous a pas laissé utiliser la moindre salle pour nous réunir, alors que nos assemblées comptaient jusqu’à 200 personnes investies dans la grève.

C’est pourquoi, nous nous sommes décidés à ouvrir les locaux désaffectés de la CFDT pour que la grève ait sa maison. Cette maison de la grève n’a pas vocation à disparaître avec la fin du mouvement sur les retraites et ce quelle que soit son issue. Elle se veut être le lieu de coordination et de rencontre de toutes les luttes en cours et à venir. Elle veut pérenniser les relations qui sont nées sur les piquets de grèves. Enfin elle veut rassembler toutes celles et tous ceux qui par delà la grève, veulent chercher et trouver des solutions à l’impasse dans laquelle nous plonge le capitalisme. Dans cette maison on habite la grève, dans une temporalité qui dépasse l’urgence des mouvements classiques, par les moyens de l’auto-organisation. Chacun, chacune y a sa place ! Vous pouvez y apporter votre pierre, par vos expériences, vos propositions, vos critiques. A cet effet, ne ratez pas les AG interprofessionnelles Mardi 2 novembre à 18h et Jeudi 4 novembre à 18h

Rue de la Barbotière, arrêt de bus Paul Bert, lignes 4, 6 et 11. Tél. : 07.86.14.88.22 La Maison de la Grève c’est tous les jours, du matin au soir, la porte est grande ouverte.