Du 12 au 14 février, Auditorium de la maison des associations

Contre l'état d'urgence, penser l'état du monde


La Maison de la Grève invite à trois jours de discussions autour de deux éléments essentiels de la séquence historique que nous traversons : les conflits au Moyen-Orient et la construction en France d’un « État de sécurité ». Nous essayerons de comprendre les liens entre les guerres faites ici, et celles menées là-bas ; d’analyser les nouvelles figures du nihilisme que représente Daesh et les formes contemporaines de nos gouvernements. L’enjeu sera de sortir du chantage qui nous accule à choisir entre l’un ou l’autre camp.

EN GUISE D’INTRODUCTION

IX « Il existe un tableau de Klee qui s’intitule Angelus Novus. Il représente un ange qui semble avoir dessein de s’éloigner du lieu où il se tient immobile. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. Tel est l’aspect que doit avoir nécessairement l’ange de l’histoire. Il a le visage tourné vers le passé. Où se présente à nous une chaîne d’événements, il ne voit qu’une seule et unique catastrophe, qui ne cesse d’amonceler ruines sur ruines et les jette à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler les vaincus. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si forte que l’ange ne les peut plus refermer. Cette tempête le pousse incessamment vers l’avenir auquel il tourne le dos, cependant que jusqu’au ciel devant lui s’accumulent les ruines. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès. »

Walter Benjamin Thèses sur le concept d’histoire

L’ange de l’histoire appelle à voir par ses yeux. On ne distingue pas les événements mais un seul monde, une unique catastrophe. A cette heure, elle revêt un exceptionnel manteau sécuritaire, avançant dans une urgence sans fin. C’est pourquoi le constat de Walter Benjamin reste d’une actualité troublante : "La tradition des opprimés nous enseigne que l’état d’exception dans lequel nous vivons est la règle". En effet, depuis trente ans, une vingtaine de lois dites "sécuritaires" distillent la possibilité de régime d’exception, au point de l’indistinguer de l’état de normalité. Nous voyons là les symptômes d’une transformation générale du modèle étatique. On glisse du gouvernement vers ce qu’il faut appeler une gouvernance. Gouvernance, car elle efface tout clivage politique au nom d’une unique fin : la gestion de la crise. Et aujourd’hui, la crise est partout à l’œuvre. Elle est devenue le mode régulier de l’administration du monde, comme l’accident est le seul moment où se précipite l’existence d’une société assurentielle. Assurément, nous partons d’un commun isolement. Ainsi, parce que les choses nous touchent différemment (les uns des autres) et que les commencements n’ont pas les même points de départ, nous savons qu’il est trop tôt, aussi bien qu’il est trop tard. C’est pourquoi, en refusant cette urgence que la situation cherche à imposer, nous nous rendons disponible à l’exercice de la pensée ; de la pensée collective qui, en confrontant les idées, les mots et les mondes, ouvre la possibilité d’une réponse adéquate. Nous entrons donc ici en élaboration de pensée comme on entre en résistance. Nous fournissons ci-après un recueil de textes, point de départ de notre cheminement, dans le but d’aiguiser notre réflexion.

Nous entendons l’appel de l’Ange de l’histoire de Walter Benjamin. La mission des hommes dans le présent, nous dit l’ange, est de ne pas se dérober à la dette des vaincus. C’est la seule manière d’être fidèle aux expériences passées et ne pas en trahir la mémoire. L’histoire des vaincus, constamment effacée du canon officiel, est cette histoire de la défaite du mouvement révolutionnaire, des insurrections, des libérations, des rébellions... tout ce qui, en surgissant, est venu mettre à mal l’état des choses. Nous croyons que ce surgissement est à tout moment possible. Ce qui est appelé histoire n’est, à ce jour, que l’ensemble des détours inventés par des hommes pour le conjurer. Que cette histoire se ramène depuis un bon siècle à une accumulation variée de désastres, et seulement à cela, dit bien que la question révolutionnaire ne peut plus être suspendue.

PROGRAMME "état d’urgence, état du monde"

VENDREDI 12 FEVRIER 18h

-Introduction- 

Arthur Quesnay proposera un État de la guerre au Moyen-Orient et analysera les mécanismes de confessionalisation des conflits. En outre, il abordera le contexte de formation de l’Etat Islamique et le rôle de celui-ci en tant que force politique au sein de insurrection irakienne et syrienne. Enfin, il essayera de répondre à la question : Que signifie à l’heure actuelle, « être en guerre » en France ?

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SAMEDI 13 FEVRIER 14h – 18h

Thomas Deltombes déconstruira les figures contemporaines de l’Islam dans les médias. Ce faisant, il dressera le tableau de l’islamophobie en France et de son usage politique.

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PAUSE

Laurent Borredon, au travers de leurs aspects techniques et juridiques, reviendra sur l’ensemble des lois « sécuritaires » et particulièrement sur l’histoire de l’état d’urgence depuis la Guerre d’Algérie.

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DIMANCHE 14 FEVRIER 14h-18h

Vanessa Codaccioni approfondira la question de l’état d’urgence par l’angle de la justice d’exception et de ses conséquences : criminalisation des oppositions politiques et tentatives de redéfinition des bornes du politique.

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Des inculpés de « l’affaire de Tarnac » viendront parler de leur situation et analyseront le paradigme sécuritaire comme une nouvelle forme de gouvernement.

Moment d’échanges avec l’intervenant. Question/Discussion.

PAUSE

Discussion : A l’aune de ces trois jours, et de diverses expériences présentées, comment réussir à penser ce que pourrait être une politique radicale adéquate ?



URGENCE
EXCEPTION
SÉCURITÉ

Les attaques meurtrières et tragiques que la France à connu sur son sol durant l’année 2015 ont suscité une vive émotion. A plusieurs reprises, face à l’absurde, beaucoup sont descendus dans la rue pour exprimer leur désarroi. Dans le même temps, le monde politique s’est saisi de la question par une série de déclarations et d’initiatives allant de l’héroïsme suranné au franchement inquiétant, en passant par le kitch-patriote : affirmation de l’union nationale, cyber-drapeau téléchargeable, fermeture des frontières, camps d’internement pour fichés « S », déclaration de guerre, déchéance de nationalité... Mais surtout, les événements de janvier ont conduit à entériner la loi élargissant les pouvoirs des services de renseignement en juillet 2015. Ceux du 13 novembre ont abouti à la proclamation de l’état d’urgence et à son intégration dans la constitution.

La profusion d’interprétations, d’avis d’experts et d’opinions forment un niveau de compréhension largement médiatisé sur lequel nous ne reviendrons pas. Ces mesures nous semblent plutôt être les symptômes d’une transformation générale du modèle étatique. De plus en plus familières par leur caractère durable ou récurent, elles sont devenues une des pratiques essentielles des États contemporains, démocraties comprises. Elles incarnent un mode de gouvernement : l’État de sécurité. Il s’agit bien plus d’une gouvernance que d’un gouvernement puisque tout clivage politique s’efface devant une unique fin : la gestion des crises. Attentats, catastrophes naturelles, crashs boursiers, accidents, épidémies, désastres écologiques… L’état de sécurité vit par les exceptions qu’il désigne. A se répéter, l’exception devient la règle.

L’état d’urgence incarne ce changement de priorité : l’impératif de sécurité, à lui seul, justifie la négation d’autres principes de gouvernement rendus incompatibles, telle les idées de démocratie ou de séparation des pouvoirs. Une des caractéristique des lois sécuritaires de 2015, c’est le court-circuitage du pouvoir judiciaire au profit de la toute puissance exécutive : la loi sur le renseignement place les mises sur écoute directement sous contrôle du premier ministre, alors que l’état d’urgence permet des perquisitions « administratives », décidées non plus par un juge mais par le préfet lui-même. Celle-ci peuvent être menées contre « toute personne à l’égard de laquelle il existe de sérieuses raisons de penser que son comportement constitue une menace pour l’ordre public et la sécurité », formulation qui n’a plus aucun sens juridique, et qui repose entièrement sur le jugement de l’administrateur.

Parmi les exceptions qui viennent justifier l’urgence, il y a cette « guerre » dont parle François Hollande. Elle nous rappelle ce qu’il y a de construction dans la définition d’une crise. On pourrait dire deux choses : que l’Occident n’a pas connu de guerre depuis 30 ans, ou bien qu’il a toujours été en guerre, et cela revient au même. La guerre telle que l’a connu le XXème siècle, opposant un état-nation à un autre, commençant par une déclaration de guerre et se soldant par un traité de paix bilatéral, n’existe plus. Ce qui l’a remplacé c’est une série interminable d’interventions, toujours asymétriques, d’états (ou de coalitions d’états) contre ce qu’ils qualifient eux-même de "criminels" ou de "terroristes". L’ennemi n’est plus circonscrit à un appareil d’état, à des institutions, mais défini comme un « camp » aux frontières floues, comme une position génératrice de chaos. Dès lors ces guerres n’ont plus de limite. Plus de limite temporelle d’abord, puisqu’elles se présentent comme des opérations de maintien de l’ordre, chaque intervention préparant la suivante - Quand pourra-t-on prétendre qu’un ennemi comme Daech aura été vaincu ? Mais surtout, elles n’ont plus de limite spatiale : alors que la France intervenait depuis le ciel dans un conflit à des milliers de kilomètres de son sol, c’est par certains de ses propres ressortissants que celui-ci fait irruption dans sa capitale.

Face à ce nouveau paradigme, l’Etat de sécurité a une réponse : la militarisation du quotidien. « L’ennemi est partout », cela justifie un quadrillage méthodique de l’espace, l’omniprésence de l’armée dans les lieux publics, des fouilles à l’entrée des administrations, des écoles, etc. Dans le champ médiatico-politique, cela s’incarne par la construction d’une figure : celle de l’Ennemi Intérieur. Concentration des peurs, aux contours vagues, elle change de visage au gré des crises. Cette année, naturellement, elle porte la barbe, peut-être même fait-elle la prière plusieurs fois par jour et ne se sent-elle pas tout à fait « Charlie ». Quelque chose en elle d’irréductible fait qu’on ne la lavera jamais de tout soupçon, elle aura beau se justifier, il restera une part d’ombre, quelque chose qu’il faudra toujours « vérifier ». Si seules 2 perquisitions sur plus de 3000 ont permis des inculpations pour terrorisme, ce n’est pas un problème, car ces gens ne pouvaient pas être blancs comme neige. « Les perquisitions administratives permettent de faire d’une pierre deux coups puisqu’il y a porosité entre les milieux du grand banditisme, du trafic de stupéfiants et du terrorisme. » (Bruno Beschiza, maire d’Aunay-sous-bois) Il y a porosité : le parti des méchants. Et s’il n’y a pas de lien physique, il y aura toujours cette alliance d’intérêt.

Dans le fond, ce que produit l’état d’urgence c’est une polarisation : il y a d’un côté le camp de l’ordre et de la sécurité, et de l’autre, défini en négatif, tout ceux qui n’en sont pas, qui le combattent, le gènent ou le ralentissent. « Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous ». Toute conflictualité est traité à partir de cette disjonction. C’est ainsi que plusieurs militants politiques Rennais ont été réveillés à leur domicile par les escouades d’intervention de la police au matin du 26 novembre. On les assigne à résidence pendant 2 semaines car on estime qu’ils représenteraient un « danger pour l’ordre public » en se rendant aux manifestations contre la COP 21 a un moment où tout les efforts doivent être orientés contre l’ennemi commun. L’union nationale s’obtiendra de gré ou de force, et toute contestation est une futilité en face du péril. Sous l’état de Sécurité, il n’y a plus de politique, il n’y a que des risques.

La criminalisation des formes de politique qu’on pourrait qualifier d’extra-parlementaires ou de transversales nous semble particulièrement inquiétante dans un pays où presque plus personne ne croit déjà à la politique « classique ». Depuis au moins quinze ans, les sondages électoraux s’enchaînent en déroulant le même scénario : des taux d’abstention records, conjurés in extremis en agitant l’épouvantail du Front National au deuxième tour. Personne n’est vraiment déçu puisque l’on n’attend rien. Seules trouées dans cette rengaine mécanique, ce qu’on a appelé les « mouvements sociaux » semblaient être les derniers sanctuaires préservés du cynisme et de la désillusion. Il n’y a qu’à voir la terminologie qui a récemment servi à désigner les grévistes d’Air France ou les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes (« voyous », « criminels », « terroristes » etc) pour comprendre quelle place est laissée à ces processus au sein du projet sécuritaire.

Si l’état de sécurité peut se permettre d’abolir la politique, c’est qu’il apparaît dans un monde qui prétend avoir aboli l’Histoire. Nous vivons dans une interminable pause. Nous vivons dans le moins pire des mondes, celui où l’économie se charge de configurer les rapports humains. La seule perspective de progrès consiste à transformer toujours plus d’aspect de la vie en marchandise. C’est ce statut quo que défendent tous ensemble nos rafales, les patrouilles de police partout dans la rue et les caméras de sécurité de la place Sainte Anne, pour ne citer qu’eux. A un certain degré c’est effectivement d’une guerre de « valeurs » dont il s’agit, seulement c’est ici qu’opère l’arnaque : on voudrait nous faire croire qu’il n’y a de place dans cette guerre que pour l’islamisme radical ou le parti de l’ordre (La rhétorique de Daech et celle de l’Etat se rejoignent au moins sur ce point). Nous croyons à une troisième voie. En fait nous croyons à une multitude de voies. Certaines d’entre elles passent par la défense d’espaces politiques ouverts à l’expérimentation, comme la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, certaines par la multiplication des pratiques collectives, à l’attachement à la gratuité, certaines consistent à désactiver partout où c’est possible les catégories qui nous séparent (étudiant, ouvrier, chômeur, étranger, etc), d’autres à s’organiser pour vivre comme on l’entend et à se battre pour ce à quoi l’on croit, d’autres enfin tiennent simplement à s’accrocher dur comme fer aux quelques morceaux de vie qui débordent encore l’économie (et qu’aucun Etat ne pourra jamais prétendre sécuriser) : amitiés, pratiques poétiques de l’espace urbain, du quotidien, musicalité des instants, et à les faire grandir jusqu’à l’irréconciliable.

Nous tenions simplement à rappeler ceci. Personne n’est obligé de subir la dialectique infernale qu’on nous impose aujourd’hui : l’aliénation ou la terreur, deux idées de la mort. Il est toujours possible de faire un pas de côté, de s’organiser ici ou là pour élaborer un monde, des mondes, qui nous soient habitables. Certains le font déjà. Nous ne vous donnerons pas leurs adresses et nous n’avons pas la prétention de tous les connaître, mais cela importe peu car il suffit le plus souvent de tenir à quelques exigences avec un tout petit peu de détermination pour se rendre compte qu’on en fait déjà partie.

vendredi Février 2016
18h 00

Arthur Quesnay



Doctorant en Science politique (Paris-1, Panthéon-Sorbonne) sous la direction de Gilles Dorronsoro, Arthur Quesnay effectue des études de terrain dans le Nord de l’Irak depuis trois ans sur le processus de communautarisation qui anime le jeu politique de cette région. Ses recherches doctorales portent sur les évolutions socio-politiques qui structurent les communautés et les organisations politiques locales – kurdes, arabes, turkmènes, chrétiennes – et les entretiennent dans une dynamique d’affrontement, largement accentuée par les enjeux transnationaux des pays frontaliers. Plus largement, il s’intéresse aux ressorts qui sous-tendent la régionalisation du conflit politique dans le Nord de l’Irak contemporain.

De plus, d’autres terrains relatifs aux même thématiques attirent son attention. Notamment la Libye où il étudie depuis l’été 2011 la structuration sociale de l’insurrection libyenne et les dynamiques des différents conflits communautaires et territoriaux qu’on observe dans la Libye « post-révolutionnaire ». Collabore à l’institut français du Proche-Orient depuis 2012. Participe à la plate-forme de recherche en politique internationale Noria Research

LA REVOLTE SUNNITE ET L’EXPLOSION DES CLIVAGES COMMUNAUTAIRES EN IRAK

L’INSURRECTION LIBYENNE, UNE MOBILISATION AUTOGEREE



samedi Février 2016
14h 00

Thomas Deltombes



Thomas Deltombes est journaliste et essayiste. Il travaille sur la construction médiatique et politique de l’Islamophobie. Ses recherches décryptent les journaux télévisées, les unes des grands médias et les discours politiques. Il explique les glissements qui ont permis de passer d’une problématique sociale à une stigmatisation religieuse. Il montrera comment dès la fin des années 70 (la révolution irannienne), jusqu’aux événements récents, en passant par le 11 septembre 2001 et le "débat sur le foulard" un "islam imaginaire" a été créé pour trouver des réponses simplistes et des cibles faciles identifiées.

Son ouvrage principale à ce sujet est L’islam imaginaire.



samedi Février 2016
16h 00

Laurent Borredon



Journaliste au Monde, Laurent Borredon est chargé des questions de sécurité et de délinquance, ainsi que l’actualité de la police, de la gendarmerie et du ministère de l’Intérieur. Il co-signe son premier livre avec David Revault d’Allonnes : Valls, à l’interieur aux éditions Robert Laffont en 2014.

Blog de Laurent Borredon pour le journal leMonde -2014- : TARNAC UNE INSTRUCTION FRANCAISE : voyage au coeur d’une enquête antiterroriste.

Blog de Laurent Borredon pour le journal leMonde : VU DE L’INTERIEUR : Observatoire de l’état d’urgence.



dimanche Février 2016
14h 00

Vanessa Codaccioni



Maîtresse de conférences en sciences politique à l’Université Paris 8, auteure de Punir les opposants : PCF et procès politiques 1947-1962 et du nouveau : Justice d’exception : L’Etat face aux crimes politiques et terroristes, tous deux publiés chez CNRS éditions, Vanessa Codaccioni travaille depuis plus de dix ans sur la répression. Elle étudie la sociologie des procès politiques, de la répression étatique mais aussi de la répression sociale, appliquée à l’ouvrier et au syndicaliste.

LA LEGALISATION DE L’EXCEPTION PAR L’ETAT D’URGENCE EST INQUIETANTE entretien réalisé par Juliette Cerf publié dans Télérama le 10.01.2016

Intervention lors de l’Agora de l’Humanité le samedi 30 janvier à l’Université de Paris 8.



dimanche Février 2016
16h 00

Inculpés de Tarnac



En 2003, des gens issus des mouvements étudients et de l’extrême gauche s’installent dans une ferme : Le Goutailloux à Tarnac (Corrèze). Le 11 novembre 2008 plusieurs membres de la communauté sont arrêtés dans le cadre d’une enquête sur des sabotages visant le réseau de la SNCF. Ils sont également accusés d’être les auteurs de L’insurrection qui vient et de faire partie du Comité Invisible. Mis en examen et placés en détention provisoire le 15 novembre 2008, leurs détentions dureront de quelques semaines à presque six mois sous des chefs d’inculpation relevant de la législation antiterroriste. Une très large mobilisation voit le jours dès leurs arrestations. Des comités de soutien, partout en France mais aussi en Europe visibilisent l’affaire par des discussions et des actions. Plusieurs manifestations nationales ont lieu à Paris. Aujourd’hui le manque de preuves, les methodes contestés et diffamatoire de la Direction Générale de la Sécurité Interieure et la requalification des faits en simple "association de malfaiteurs" fait de cet affaire, un exemple éloquant de fiasco judiciaire.

Depuis leur médiatisation forcés, ils n’ont pas cesser de participer et de soutenir les luttes de ces dernières années : la lutte anti-nucléaire contre les trains castors, le soutien aux zadistes contre l’aeroport de Notre-dame-des-landes, les luttes contre les "grands projets inutiles et imposés", les révoltes suite à la mort de Rémi Fraisse par une grenade de la gendarmerie à Sivens... façonnant une conception de la vie et des luttes mêlées. Leur travail de décryptage du fonctionnement de la justice anti-terroriste révèle comment cette institution d’exception sert d’aiguillon a une nouvelle forme de gouverner.

BLOG DES COMITES DE SOUTIEN aux inculpés de l’affaire de Tarnac.

Réponse des inculpés de l’affaire de Tarnac contre la justice antiterroriste : BYE-BYE SAINT-ELOI paru dans libération le 17 juin 2015



Bibliographie

- ETAT D’EXCEPTION - ETAT D’URGENCE :

DE L’ETAT DE DROIT A L’ETAT DE SECURITE de Giorgio AGAMBEN paru dans Le Monde 23.12.2015.

COMMENT L’OBSCESSION SECURITAIRE FAIT MUTER LA DEMOCRATIE de Giorgio AGAMBEN paru dans Le Monde Diplomatique jan. 2014.

ETAT D’EXCEPTION de Giorgio AGAMBEN paru aux éditions Seuil en 2003

POUR PENSER LES MEURTRES DE MASSE d’Alain BADIOU. Conférence prononcée par le lundi 23 novembre au théâtre de la Commune d’Aubervilliers.

Video de la conférence

L’ENNEMI INTERIEUR Mathieu RIGOUSTE paru aux éditions La découverte 2005.

PlateauTV médiapart :

1ere partie : ETAT D’URGENCE. PERQUISITIONS, GARDES A VUE, ASSIGNATION A RESIDENCE. SELON QUEL CRITERES ?

2eme partie : ETAT D’URGENCE, LOIS D’EXCEPTIONS ET ATTEINTES AUX LIBERTES

Site internet : LA QUADRATURE DU NET internets et libertés

- CONFLITS AU MOYEN-ORIENT :

ETAT ISLAMIQUE, UN MONSTRE PROVIDENTIEL paru dans Le Monde Diplomatique Sept. 2014.

THEORIE DU DRONE Gregoire CHAMAYOU aux éditions La Fabrique avril 2013.

LE GOUVERNEMENT DU CIEL Histoire globale des bombardements aériens de Thomas HIPPLER paru aux éditions les prairies ordinaires.

LE PIEGE DAECH : L’ETAT ISLAMIQUE OU LE RETOUR DE L’HISTOIRE de Pierre-Jean LUIZARD au éditions La Découverte.

A propos de l’insurrection Libyenne et du printemps arabe le blog : EN ROUTE !

SYRIE L’ETAT DE BARBARIE de Michel SEURAT aux éditions PUF dans la collection Proche Orient avril 2012.

LES NOUVEAUX MARTYRS D’ALLAH de Farhad KHOSROKHAVAR paru aux éditions Flammarion dans la collection Champs essais sept.2003.

L’HOMME QUI A COMPRIS LES TERRORISTES de Scott ARTMAN émission radiophonique diffusé le 18.01.2016 sur France Culture.

UN BON MUSULMAN POUR LES FRANCAIS C’EST UN MUSULMAN QUI N’EST PLUS MUSULMAN de Alain BURGAT Vidéo de la commission des lois de l’assemblée nationale datant du 12 jan.2016.

LES NON-DITS DE L’ISLAMISATION DE LA RADICALITE de François Burgat paru dans Rue89 le 01.12.2015.

DE QUOI L’ISLAMISME EST-IL ENCORE LE NOM ? entretien de François Burgat pour l’Orient le jour le 25.05.2015.

HAJI BEAKR, LE CERVEAU DE L’ETAT ISLAMIQUE paru dans le Monde le 25.04.2015.

- ANALYSES POLITIQUES :

DIGRESSIONS SUR L’ENNEMI, LE COMPLOT, L’ARGENT ET LE PEUPLE. paru dans le journal en ligne lundi.am par Glaad.

A NOS AMIS du COMITE INVISIBLE paru aux éditions La Fabrique oct.2014.

CONTRIBUTION DE LA GUERRE EN COURS de TIQQUN paru aux éditions La Fabrique avril 2009.

TOUT A FAILLI : VIVE LE COMMUNISME de TIQQUN paru aux éditions La Fabrique sept.2009.

mobilisation

Une carte des rendez-vous pour les manifestations :

Voir en plein écran

collectés par le site http://etatdurgence.fr lancé par la quadrature du net

SAMEDI 30 JANVIER :
MANIFESTATION CONTRE L’ETAT D’URGENCE. 14h30 Place de la République PARIS.

WEEK-END DU 30/31 JANVIER :
"APPEL D’OFFRE" de la ZAD. Deux jours de rencontres et de constructions sur la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes.

SAMEDI 6 FÉVRIER à Rennes :
12h : BANQUET avec la participation des "Q de plombs".
14h : MANIFESTATION CARNAVALESQUE pour la victoire de la ZAD et contre l’état d’urgence.

SAMEDI 27 FÉVRIER :
Mobilisation générale pour l’abandon du projet d’aéroport.

Nouvelles du monde

Les messages qui suivent sont issus du réseau social Seenthis.net . Celui-ci permet "du short-blogging sans limite de caractères. De la recommandation de liens. Des automatismes pour rédiger facilement vos messages. Des forums sous chaque billet. De la veille d’actualité. Une thématisation avancée."

Ces message arrivent tout seuls ici et sont là pour donner un peu une actualité et une ambiance de ce qui se passera dans la semaine.

Vous pouvez en rajouter en vous inscrivant sur seenthis et en ajoutant les tags #état_d’urgence #état_policier #violences_policières #kurdistan #syrie #daech #islamophobie #drone #assignation_à_résidence #état_d’exception #antiterrorisme

BALCANI : « VIOLENZA DELLA POLIZIA DI FRONTIERA SUI BAMBINI MIGRANTI »

Il rapporto combina dati medici e di salute mentale con le testimonianze di giovani pazienti: «Oggi, per i bambini e i ragazzi che provano a lasciare la Serbia, la violenza è una costante e nella maggior parte dei casi è perpetrata dalla polizia di frontiera degli Stati membri dell’UE», dichiara Andrea Contenta, responsabile affari umanitari di MSF in Serbia. «Da più di un anno i nostri medici e infermieri continuano ad ascoltare la stessa identica storia di giovani picchiati, umiliati e attaccati con i cani nel tentativo disperato di proseguire il loro viaggio».

http://www.nelpaese.it/altro/nazionale/item/5632-balcani-violenza-della-polizia-di-frontiera-sui-bambini-migranti

#MNA #mineurs #violence #violences_policières #enfants #Balkans #mineurs_non_accompagnés #police #rapport #Serbie #Bulgarie #vulnérabilité #frontières #Hongrie #Croatie

GAMES OF VIOLENCE UNACCOMPANIED CHILDREN AND YOUNG PEOPLE REPEATEDLY ABUSED BY EU MEMBER STATE BORDER AUTHORITIES
http://archivio.medicisenzafrontiere.it/pdf/serbia-games-of-violence-3.10.17.pdf

#violences_policières : Trump préfère punir les sportifs
https://www.mediapart.fr/journal/international/031017/violences-policieres-trump-prefere-punir-les-sportifs

L’équipe des Buffalo Bills s’agenouille en signe de protestation contre les violences policières. © DR Le président des États-Unis juge urgent de s’en prendre au mouvement de protestation des sportifs américains contre les violences policières. Alors que les condamnations de policiers sont rarissimes, les dommages et intérêts obtenus par les familles pourraient changer la donne.

#International #Etats-Unis


Le 3 octobre
Mediapart (@mediapart)
https://seenthis.net/messages/634375
#violences_policières

Comment by the UN High Commissioner for Human Rights #Zeid_Ra'ad_Al_Hussein on the situation in Catalonia, Spain

I am very disturbed by the violence in Catalonia on Sunday. With hundreds of people reported injured, I urge the Spanish authorities to ensure thorough, independent and impartial investigations into all acts of #violence. Police responses must at all times be proportionate and necessary.

I firmly believe that the current situation should be resolved through political dialogue, with full respect for democratic freedoms.

I call on the Government of Spain to accept without delay the requests by relevant UN human rights experts to visit.

http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22192&LangID=E
#catalogne #référendum #Catalogne #Espagne #violences_policières #enquête

De #Franco à #macron : les bégaiements de l’histoire #Politique à l’épreuve de la réalité
https://reflets.info/de-franco-a-macron-les-begaiements-de-lhistoire-politique-a-lepreuve-de-la

La société française est en cours de remodelage par le pouvoir politique. En réalité par le pouvoir d’un seul homme — le président Emmanuel Macron — qui dicte à la fois le tempo du gouvernement, […]

#Dictature #Espagne #état_d'exception #France #franquisme #loi_travail #macronisme


Le 2 octobre
Reflets [RSS] (@reflets)
https://seenthis.net/messages/634134
#état_d’exception

Rassemblement pour Angelo Garand : « Quand va s’arrêter l’impunité des forces de l’ordre ? »
http://larotative.info/rassemblement-pour-angelo-garand-2429.html

http://larotative.info/home/chroot_ml/ml-tours/ml-tours/public_html/local/cache-vignettes/L700xH500/arton2429-b159b-4c334.jpg?1506867498

Six mois après la mort d’Angelo Garand, tué par des hommes du GIGN de Tours, la manifestation qui s’est déroulée à Blois était marquée par la colère et l’émotion.

Les prises de paroles se sont succédées, avant, pendant et après la marche qui s’est déroulée dans le centre ville de Blois. Ces prises de paroles ont notamment été marquées par des appels à la solidarité entre les familles de victimes. Solidarité illustrée par la présence de la mère de Wissam El Yamni, tué par la police à Clermont-Ferrand en 2012. Accompagnée de trois membres du collectif « Justice et Vérité pour Wissam », elle racontait :

« Il faut beaucoup de courage pour continuer à se battre. C’est très dur, très très dur. Moi je vis dans un cauchemar, je ne me suis pas encore réveillée. Il faut se battre, il faut continuer de se battre. Moi, je me battrai jusqu’à la fin de ma vie. Parce qu’ils m’ont gâché ma vie, ils ont gâché notre vie à moi et à ma famille. Il faut continuer de se battre, pour nos enfants, pour nos petits-enfants. Car les policiers ne nous protègent pas. Il faut que nous nous protégions nous-mêmes. (…) Depuis cette période-là, je ne dors pas. Ils disent qu’avec le temps, on oublie, mais on n’oublie pas. C’est pire, c’est de pire en pire. Vous savez pourquoi ? Parce qu’on n’a pas la justice. On n’a pas la justice ! »

Après une courte prise de parole du fils aîné d’Angelo, visiblement très ému, Raymond Gurême expliquait :

« Nous les gens du voyage, on est des boucs émissaires. (…) Angelo il a été tué pourquoi ? C’était pas un criminel. Tout le monde dans sa vie peut s’égarer, c’est pas pour ça qu’il faut abattre le monde comme des chiens. Alors maintenant, faut résister. Qu’au moins on nous respecte et qu’on respecte nos droits. La justice, c’est pour tout le monde »

#violences_policières #discriminations #justicepourtous cc @rezo


Le 2 octobre
La Rotative (@larotative)
https://seenthis.net/messages/634069
#violences_policières

Un scrutin marqué par la brutalité policière
https://www.mediapart.fr/journal/international/011017/un-scrutin-marque-par-la-brutalite-policiere

La police espagnole s’est heurtée tout ce dimanche aux citoyens catalans pour tenter d’empêcher le #référendum d’indépendance. Les nombreuses scènes de violences ont provoqué l’indignation des réseaux sociaux et quelques condamnations de dirigeants européens.

#International #Barcelone #Catalogne #Espagne #violences_policières


Le 2 octobre
Mediapart (@mediapart)
https://seenthis.net/messages/634009
#violences_policières

Un scrutin marqué par les #violences_policières
https://www.mediapart.fr/journal/international/011017/un-scrutin-marque-par-les-violences-policieres

La police espagnole est intervenue tout au long de la journée de dimanche avec brutalité pour tenter d’empêcher le referendum sur l’indépendance en #Catalogne. Le premier ministre belge Charles Michel, comme le leader travailliste Jeremy Corbyn ou le député européen Guy Verhofstadt condamnent les violences.

#International #Barcelone #Espagne #référendum


Le 1er octobre
Mediapart (@mediapart)
https://seenthis.net/messages/633968
#violences_policières

Montreuil : des parents d’élèves qui bloquaient « l’usine toxique » délogés
http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/09/27/a-montreuil-les-crs-delogent-brutalement-des-parents-d-eleves-qui-bloquaient
http://img.lemde.fr/2017/09/27/59/0/1910/955/644/322/60/0/c17d296_28826-1rb9air.s9uz19vn29.jpg

Une centaine de personnes réclamaient, mercredi, la fermeture d’une société utilisant un produit cancérogène à proximité d’une école.

LE MONDE | 27.09.2017 à 19h40 • Mis à jour le 28.09.2017 à 14h00 | Par Stéphane Mandard

#violences_policières

Quand l’exception infirme la règle - par Xavier Sauvignet
https://lundi.am/Quand-l-exception-infirme-la-regle

Xavier Sauvignet, avocat au barreau de Paris et membre d’Avocats Debout, nous a fait parvenir cette tribune qui met en parallèle les deux projets de loi les plus croustillants qui se concoctent dans les arrières-cuisines de la République en Marche : la “Loi Travail 2” et la loi sur la “Sécurité publique”. Ces deux textes, en institutionnalisant le principe de l’inflation normative, mettent en relief la logique politique à l’œuvre depuis la fin des années 2000 : la montée en puissance, par la banalisation de l’exception, de deux figures d’autorité auxquelles les citoyens sont directement confrontés : l’employeur et l’officier de police.

#travail #sécurité_intérieure #état_d'exception


Le 25 septembre
Sombre Hermano (@sombre)
https://seenthis.net/messages/632388
#état_d’exception

« État d’urgence permanent » en examen à l’Assemblée : l’inquiétude grandit
https://www.mediapart.fr/journal/france/250917/etat-durgence-permanent-en-examen-lassemblee-linquietude-grandit

L’Assemblée débat du projet de #loi_antiterroriste visant à introduire dans le droit commun les principales dispositions de l’état d’urgence. Une coalition d’associations de défense des libertés publiques s’est réunie dans les locaux de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) pour tirer la sonnette d’alarme. Une nouvelle fois.

#France #CNCDH #Etat_d'exception #état_d'urgence #Gérard_Collomb


Le 25 septembre
Mediapart (@mediapart)
https://seenthis.net/messages/632357
#état_d’exception

Saint Louis Cemetery
La rentrée policière aux USA et en France
Par Ferdinand Cazalis / Klaktualités

http://jefklak.org/?p=4381

Après les talents de la plume, les virtuoses du plomb. Maintenant que la rentrée littéraire a fait long feu, braquons les projecteurs sur une tout autre rentrée, policière celle-ci. À Saint-Louis (25 km de Ferguson – Missouri), l’officier Jason Stockley qui avait tué Anthony Lamar Smith en 2011 vient d’être relaxé par la Justice. Depuis, c’est l’émeute. À Atlanta (Géorgie), c’est Scout Schultz, président.e transgenre de l’organisation LGBT du campus de Georgia Tech qui s’est fait abattre par la police cette semaine. Depuis, c’est l’émeute. Et à Vigneux-sur-Seine (Essonne) le week-end dernier, un jeune homme a perdu un œil après un tir de la BAC. Depuis, c’est...

http://jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2017/09/Une_SaintLouisOK2.jpg


Le 25 septembre
Jef Klak (@jef_klak)
https://seenthis.net/messages/632298
#violences_policières

VIDEO. Au Havre, Ruffin refuse de soutenir la famille d’Adama Traoré
http://www.revolutionpermanente.fr/VIDEO-Au-Havre-Ruffin-refuse-de-soutenir-la-famille-d-Adama-Tra

Ce jeudi 21 septembre, après la manifestation contre les ordonnances, un meeting de lutte était organisé au Havre. Interpellé sur le dossier Adama Traoré, François Ruffin a jeté un froid, en refusant de soutenir la famille et en expliquant ne pas être « intimement convaincu » de la version portée par Assa et sa famille.

[...]

François Ruffin demande à prendre la parole. « J’ai attendu un appel [de la famille Traoré] et il n’est jamais arrivé » explique-t-il en guise d’introduction, comme pour se dédouaner par avance, mettant en avant un article paru sur le journal Fakir. Balbutiant, François Ruffin se lance alors dans une tirade pour le moins embarrassante, et qui déclenchera les huées de la foule. « Moi, je crois à l’enquête d’abord. Aujourd’hui, je suis sensible aux propos car j’ai publié un papier mais je ne vais pas me positionner avant d’être intimement convaincu. Je veux faire mon travail. En toute matière, je mène l’enquête d’abord. Ce à quoi je peux m’engager, c’est vous recevoir pour que vous me filiez les preuves et que je mène l’enquête pour que j’en sois intimement convaincu ».

http://www.revolutionpermanente.fr/local/cache-vignettes/L653xH436/arton9315-725d8.jpg?1506152129

#ruffin #justicepouradama #violences_policières


Le 23 septembre
alimielle (@alimielle)
https://seenthis.net/messages/631865
#violences_policières

#Vigneux-sur-Seine : l’homme blessé au visage par un tir de #LBD40 a perdu l’usage de son œil

De l’aveu même du policier auditionné, le jeune de 26 ans était perçu uniquement comme une « menace ». Il n’aurait d’ailleurs pas participé à l’échauffourée selon l’avocat de la victime.

https://paris-luttes.info/vigneux-sur-seine-l-homme-blesse-8724
#France #violences_policières #police #Flashball

Forces de l’ordre : pourquoi tant de grenades ? - Libération
http://www.liberation.fr/debats/2017/09/12/forces-de-l-ordre-pourquoi-tant-de-grenades_1595843

Le 5 août, le gouvernement publiait dans le Bulletin officiel un appel d’offres pour l’achat de plus de un million de grenades destinées au maintien de l’ordre.

Le mardi 15 août suivant, plusieurs personnes - parmi le millier qui était venu affirmer son opposition au projet d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure - étaient grièvement blessées lors de la manifestation. L’une de ces personnes, en dépit des multiples opérations chirurgicales qu’elle a subies, risque toujours l’amputation de plusieurs orteils des suites de l’explosion d’une GLI-F4, aussi euphémisée sous le nom de « grenade assourdissante ».

La proximité de ces deux dates, et les questions qu’elle pose quant au maintien de l’ordre à la française, explique peut-être la discrétion du gouvernement et des autorités policières suite à la répression exercée le 15 août.

Robin et ses compagnons d’infortune ne viennent pas seulement s’ajouter à la sinistre liste des blessés graves, des mutilés à vie et des morts dont se rendent responsables régulièrement les forces de l’ordre. Ils comptent aussi parmi les témoins d’un système répressif qui spécule sur l’efficacité de la terreur qu’inspirent ses armes.
(...)
Premiers signataires : Robin Pagès, les parents et la sœur de Rémi Fraisse, Emmanuelle Michallon, Franck Michallon, Clair et Brigitte Michallon, la famille et les amis de Robin.

#police #militarisation #violences_policières #grenades


Le 13 septembre
colporteur (@colporteur)
https://seenthis.net/messages/629493
#violences_policières

La Rumeur, le refus du silence des cimetières
entretien réalisé par Fara C. mardi 12 septembre 2017
http://www.humanite.fr/la-rumeur-le-refus-du-silence-des-cimetieres-641832
https://img.humanite.fr/sites/default/files/styles/abonnez_vous/public/images/51788.HR.jpg?itok=J3m4rxHx
Après son concert, vendredi sur la Petite Scène, Hamé débattra de la situation des quartiers populaires. Rencontre avec un poète sans langue de bois.

Fer de lance du #hip-hop revendicatif, le groupe #la_Rumeur galvanisera, vendredi à 21 h 45, la Petite Scène. Le 16, à 13 heures, à la Halle Léo-Ferré, Hamé participera à un débat sur les quartiers.

Que représente pour vous la Fête de l’Humanité  ?

Hamé N’ayant pas grandi en Île-de-France, je l’ai découverte quand j’ai déménagé en région parisienne. C’est un rendez-vous fort de la gauche populaire, avec une intéressante combinaison de concerts et débats. Un point de ralliement pour la mobilisation. Outre le concert de la Rumeur, je participerai au débat animé par Daniel Mermet sur la situation des #quartiers_populaires. Un sujet capital, vu les mesures que Macron veut imposer et impose déjà.

Depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, qu’est-ce qui vous met le plus en colère  ?

Hamé Il poursuit les travaux de démolition lancés il y a plusieurs décennies, puis durcis par Sarkozy et pérennisés par Hollande. Macron opère une phase d’accélération. Il a commencé à liquider le peu qui reste au peuple. Un processus qu’on observe sur le plan national, européen et international. Le président actuel a été placé par une poignée de milliardaires. Sa feuille de route se soumet aux bailleurs de fonds, qui édictent leurs intérêts, sans même prendre la peine de masquer leurs ambitions sous un discours pseudo-social. En s’attaquant à l’ISF, ce sont plusieurs milliards de cadeaux qu’il veut faire aux plus riches parmi les riches.

Le Défenseur des droits vient de remettre un rapport dénonçant les dérives de la chasse contre les fraudeurs aux prestations sociales…

Hamé Il s’agit d’une guerre économique sauvage, menée à l’échelle internationale, comme le montrent par exemple les offensives sociales d’un Trump. La différence entre le tournant du XIXe siècle au XXe siècle et celui avec le XXIe siècle, c’est qu’aujourd’hui le capitalisme pur et dur s’est généralisé à travers la planète, dans une pulsion de retour à une pureté idéologique. Le but  ? Démanteler l’ensemble des droits et laisser aux gens d’en bas des miettes.

Vous travaillez à un documentaire sur #Adama_Traoré, mort en 2016 à la suite d’une interpellation…

Hamé Je le fais pour et avec la famille d’Adama et le comité de soutien, qui se battent avec une énergie admirable. Le comité de soutien constitue un lieu où se formule une véritable réflexion politique et où se réinvente une manière de militer. L’accumulation des #violences_policières exprime la volonté de soumettre les démunis  ; depuis un certain temps, il y a un mort par mois dans les quartiers. Il faudrait rester calme, invisible, et laisser régner le silence des cimetières  ? Pas question.

Ce que ne comprennent pas les couches qui se croient protégées, c’est que les quartiers populaires sont les pointes avancées où sont appliqués les mécanismes de domination. La problématique de la violence policière et, plus largement, antisociale ne concerne pas que les personnes ayant des origines africaines, mais tout le monde. Ce qui est appliqué aux plus fragilisés touchera bientôt les autres. Les quartiers populaires sont un laboratoire, au niveau économique, politique, policier, judiciaire… Le climat de guerre sociale va s’intensifier et se généraliser au-delà de leur périmètre. On en déjà fait l’expérience à travers la répression des manifestations. Il est crucial de mettre en tête de cortège de nos revendications les problèmes qu’affrontent les quartiers populaires.


Le 12 septembre
Vanderling (@vanderling)
https://seenthis.net/messages/629277
#violences_policières

« On remet la photo choc à sa bonne place »
Entretien avec Valentina Camu et Yann Levy, de la revue photographique États d’urgence

Par Ferdinand Cazalis

http://jefklak.org/?p=4242

(via CQFD )

*
La nouvelle revue États d’urgence regroupe six professionnel.le.s de la « photographie sociale ». Tous les ans, 128 pages de regards au long cours sur nos urgences quotidiennes : casse sociale, crise migratoire, violence d’État, catastrophe écologique… Entretien à deux voix pour interroger le rôle de la photo dans les luttes : l’histoire est-elle soluble dans l’esthétique ?

*

Prendre une bonne « photographie sociale », comme vous dîtes, est-ce aussi prendre une belle photo ?

Y. L. : Prenons un exemple : depuis un certain temps, les médias se focalisent sur l’esthétique de l’émeute, avec les affrontements de personnes habillées de noir et en cagoule. Et nous, en tant que photographes, on voit bien que photographier cela est plus vendeur. Mais on perd du même coup toutes les autres réalités qui font une manifestation. On se retrouve donc avec 50 photographes autour de 10 ou 15 personnes qui lancent un pauvre cocktail Molotov : l’info est réduite à cela. Et ils essaieront tous de vendre la même photo du CRS en flammes, car ils savent que c’est ce que veulent les rédactions en termes de « belle photo » : du spectaculaire et de l’effrayant. Alors qu’au même moment, il se passe plein de belles choses parmi les milliers de personnes présentes.

http://jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2017/09/VignetteEtatsUrgence-694x700.jpg


Le 12 septembre
Jef Klak (@jef_klak)
https://seenthis.net/messages/629185
#violences_policières



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