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RÉMI EST MORT. TUÉ PAR LA POLICE.

publié le mercredi 29 octobre 2014

« [Mon fils] est allé là-bas, en opposant au barrage de Sivens, avec une amie. Avec des intentions plutôt pacifistes, je veux croire, sans casque et à mains nues. Mais quand il a vu les violences, le soir, il y est resté, il s’est porté à l’affrontement. Il a du y aller en plein milieu. Il était très entier, mon fils, il était comme ça, il n’avait juste pas l’expérience de ces sortes de manifestations qui deviennent violentes. » Le père de Rémi

Rémi est mort. Tué par la police. Il n’ y a pas d’autre vérité que celle là.

Le bal politico-médiatique est lancé : il ne devrait sa mort qu’à lui même, son inconscience, sa violence, son éthylisme, ou alors à la main d’un autre manifestant. Mais il n’y a qu’une vérité : il est mort « d’être entier ». Il est mort de s’être opposé à la construction d’un barrage. De n’avoir pas pu supporter la présence de la police. Derrière l’opération de floutage médiatique, il y a la parole de ceux qui étaient avec lui face à la police. Cette parole est claire : l’assaut des gendarmes, la salve de grenade, Rémi abattu.

La France est un pays civilisé. Ici, pour « maintenir l’ordre » on préfère mutiler à coups de grenades et de flashball que tuer, mais... Zyed, Bouna, Lakamy, Moushin, Umüt... Rémi. Morts de s’être soustrait à un contrôle. De ne pas avoir baissé la tête devant une police arrogante, forte de l’impunité que lui accorde l’état. Au final, dans une démocratie bien rodée, on y revient à cette vérité : l’état voudrait écraser ce qui lui échappe, ce qui reste en chacun de vivant, de rétif.

Face à leurs morts, ils voudraient nous voir nous indigner, de ces indignations molles, sans conséquences. Attendre tranquillement la fin d’une enquête, qui aboutira d’ailleurs sur un non lieu. Nous n’avons rien à attendre de la justice. La colère, la tristesse, ne s’accommodent pas d’une quelconque expertise.

La mort d’un homme n’est pas sans conséquences. Dire sa tristesse, crier sa colère, l’écrire sur les murs. Bloquer les facs et les lycées dès lundi. Descendre dans la rue. Être entier. Ils nous rappellent à la raison. Rémi est mort sans raisons. Nous ne serons pas raisonnables.

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