Discussion autour du livre "Fukushima et ses invisibles"
Discussion autour du livre "Fukushima et ses invisibles"

La discussion sera en présence des éditeurs et des camarades japonais qui ont écrit dans la revue.
Attention horaire décalé en raison du rassemblement de soutien à Bure, 18h à Ste-Anne

Fukushima et ses invisbles vient de paraître aux éditions des mondes à faire. C’est le deuxième numéro des Cahiers d’enquête politique. Comme son titre l’indique le livre parle des sept années qui viennent de s’écouler entre aujourd’hui et l’explosion, en 2011, de trois réacteurs dans la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi suite à un tsunami.

Comme son titre le suggère les textes parlent de tout l’impalpable, de l’insaisissable qui persiste à la catastrophe nucléaire. les invisibles c’est en premier lieu les particules d’iodes ou de césium qui contaminent l’air, les parcs et la nourriture. Celles-là même qui ont été minutieusement mesurées par tous ceux qui ont appris à se servir sur le tas de compteurs Geiger DIY afin d’établir une vérité s’opposant aux discours patriotiques rassurants. Les invisibles, ce sont également les "cervelles radioactives", nom que l’on donne à ceux qui tentent encore d’alerter sur les dangers de la situation malgré la gestion gouvernementale niant les effets de la catastrophe. Les invisibles, ce sont aussi les habitants des villes et campagnes proches de Fukushima à qui l’on a coupé les aides aux logements afin qu’ils reviennent vivre sur ces lieux hautement toxiques. C’est également les travailleurs journaliers à qui l’on fait subir des doses mortelles pour refroidir la centrale dont le coeur continue encore aujourd’hui de brûler. Les invisibles c’est aussi tout ceux qui ont quitté une zone allant de Fukushima à Tokyo pour aller construire des communautés de vies ailleurs au Japon.
L’invisible, la grande invisible, c’est peut-être enfin, la catastrophe nucléaire elle-même, qui semble être tout simplement enfouie sous une importante dose de mensonge et de propagande. Ainsi depuis 7 ans TEPCO et le gouvernement n’ont cessé de culpabiliser, voire criminaliser tout ceux qui ne voulaient pas "aller de l’avant" et "dépasser la catastrophe". C’est de cette manière que deux ans après l’explosion des réacteurs et le gel du nucléaire qui s’en ait suivie, une première centrale a repris. Aujourd’hui, toutes fonctionnent à nouveau et un programme de nucléaire militaire est même en route.

Fukushima et ses invisibles est un livre qui nous parle à tous car il saisit ce que veut dire vivre dans la catastrophe et vivre dans la gestion de la catastrophe (sa prise en main gouvernementale). Plus personne ne peut nier que cette situation est aujourd’hui partagée par "la terre entière". C’est un fait tant matériel que métaphysique.

Enfin Fukushima et ses invisibles forme un recueil précieux parce qu’il analyse sous plusieurs aspects toutes les tentatives de résistances qui ont été menées : la série de manifestations qui secoua le pays pendant deux ans, le soutien aux travailleurs journaliers, les mesures de radioactivités, la parole des mères de Fukushima et le seïsme que celle-ci aména dans le mouvement féministe japonais, la desertion de la métropole tokoyïte...

C’est de tout cela que nous parlerons avec les éditeurs et les camarades japonais, mercredi 27 juin à 20h.