Du 3 au 9 février, Maison de la Grève.

US Apocalypse

Quelques jours pour penser depuis l'Amérique du Nord et Rennes Métropole la fin du monde, et son au-delà.

Viens !

C’est ainsi que s’achève l’Apocalypse de Jean, le dernier texte du nouveau testament chrétien, et que commence notre civilisation. Un mot qui donnera la tonalité de 2000 ans d’histoires.

Ce « Viens ! » la traversera, de part en part, et en profondeur.

Il annonce le retour imminent du Christ. Il marquera le signe de la fin des temps, l’instauration de la cité de Dieu, la victoire des bons sur les méchants pour les siècles des siècles. Mais il ne viendra pas. Ce sera le « Viens ! » du gouvernement, de la suspension. Le « Viens ! » d’un temps qui n’est pas là, d’un temps à venir. Et finalement, le « Viens ! » de la soumission au temps présent, en attendant. « Ils attendaient le retour du Christ, et c’est l’Eglise qui est venue ».

D’autres l’entendront comme un « Viens ! » gratuit, rageur et sensuel, mystique. Un appel à nous-même, ici-même, au soulèvement de l’âme. Un appel au présent, à ce qui est là, tellement proche, muré dans la routine de soi, dans la répétition du monde. Viens à moi. Viens en moi. Réveille-moi.

Pour d’autres encore, ce sera le « Viens ! » révolutionnaire. Un « Viens ! » qui appel, comme un mantra, un hymne ou un cri, pour tout changer, pour tous, définitivement. Viens en nous. Réveillons-nous.

Ces quelques jours pour penser et goûter avec ces possibilités du monde.

Viens !

Semaine US Apocalypse

Le programme est susceptible de changer.

Avant

- le 28 janvier 28h00 Lecture de Deleuze : « Nietzsche et Saint-Paul, Lawrence et Jean de Padmos », préface de Apocalypse de D.H. Lawrence. "La modernité de l’Apocalypse est moins dans les catastrophes annoncées que dans « l’instauration démente d’un pouvoir ultime, judiciaire et moral »" .

Pendant

- le 3/02 : 20h30 | PROJECTION
Las Vegas Méditations, en présence du réalisateut Florent Tillon. « Ville du degré zéro de l’urbanité, de l’architecture et de la culture, ville du degré zéro de la sociabilité, de l’art et de la pensée. Ville du trop qui devient sans, de l’excès qui se mue en défaut, de la profusion qui tourne en privation. » Bruce Bégout - Zeropolis

- le 4/02 : 20h30 | PRESENTATION
Messianisme, rédemption et métamorphose. Analyse de l’inspiration apocalyptique dans les différents courants messianiques, bouleversés par la kabbale lourianique et Sabbataï Tsévi, et dont les conséquences courent jusqu’à nous qui en racontons l’histoire.

- le 5/02 : 20h30 | PRESENTATION
Anthropocène : analyse de l’effondrement de la civilisation (USA). Bienvenue à l’ANTHROPOCÈNE : l’ère dans laquelle les humains sont devenus une force assez puissante pour dissoudre la société humaine elle-même, rivalisant avec celle d’un super-volcan ou d’une astéroïde.

- le 6/02 : 15h00 | PRESENTATION
Fukushima. Vers le nord ou vers l’ouest : à la recherche d’un paradis en enfer (qui n’existe pas) (JAPAN). Le meilleur moyen de faire face à l’accident nucléaire, c’est de partir : tu abandonnes la terre contaminée et recommences une nouvelle vie ailleurs.

- le 6/02 : 20h30 | FILM
Detroit ville sauvage, en présence du réalisateur Florent Tillon. Bienvenu à Détroit, capitale du crime où l’herbe pousse sur les parkings et où les bâtiments s’effondrent. Ici, un nouveau mode de vie prend forme, et même si les graffitis annoncent des jours apocalyptiques, il n’y a aucune raison de paniquer. Résurrection urbaine après le désastre invisible du XXIe siècle.

- le 7/02 : 19h00 | APERO
Apéro survivaliste : dégustation d’insectes.

- le 7/02 : 20H30 | DISCUSSION
Fictions apocalyptiques. La guerre des usages politiques de cet imaginaire décisif.. L’apocalypse présente n’est pas le début de la fin, mais son ajournement perpétuel. La crise permanente n’est plus la crise classique qui signifiait “moment décisif”, fin de la suspension, mort ou salut, c’est l’état du monde, et de sa gestion.

- le 8/02 : 20h00 | FILM + CONCERT
Projection (Unclear holocaust) et Concert (Kawaii mort) dans un lieu tenu secret augmentant ses chances de survie face à l’apocalypse.

Après

- A des dates non définies : Visite de la tenture de l’Apocalypse au château d’Angers - http://angers.monuments-nationaux.fr/ et cours sur l’icônographie Apocalyptique. Si vous voulez être tenu au courant ou proposer des films, des ateliers, des discussions... Faites-nous signe.



mardi Janvier 2014
18h 00

« Nietzsche et Saint-Paul, Lawrence et Jean de Padmos », préface de Deuleuze à Apocalypse de D.H. Lawrence


Lecture


En écrivant son commentaire de l’Apocalypse, DH Lawrence renverse l’idée qu’on se fait communément du christianisme : ce qu’il prône n´est pas la bonté et le renoncement au pouvoir du Christ ; L´Apocalypse est le récit des faibles — les premiers Chrétiens — qui veulent s´emparer un jour du pouvoir des forts symbolisé par Babylone, c´est-à-dire Rome. D’après Gilles Deleuze, la modernité de l’Apocalypse est moins dans les catastrophes annoncées que dans " l’instauration démente d’un pouvoir ultime, judiciaire et moral. "



lundi Février 2014
20h 30

Las Vegas Méditations


Projection


Entre vacarme de moteurs endiablés et figures acrobatiques extrêmes, des motos surgissent du désert et nous emmènent sur l’autoroute de Vegas.Sur le panneau « Welcome » de la ville, des bancs de touristes se prennent en photo à la chaîne.Dans un bar paumé, un col blanc trentenaire habillé en fan de Trash Metal se demande si sa vie n’est pas une blague. Son brillant groupe de Metal post-apocalyptique Dead Neon en est à sa deuxième démo, il se dit que c’est un début.

Entre ses banlieues abandonnées, l’épuisement radical de ses ressources naturelles, l’immoralité permanente de sa culture,Las Vegas est devenu la ville de la fin du monde, cristallisant toutes nos angoisses, fascinante Babylone de carton-pâte.

Que devient le sens de l’existence lorsque l’on vit dans une ville condamnée à disparaître ? Comment envisage-t-on l’avenir ? Comment est-ce que l’on s’y prépare ?



mardi Février 2014
20h 30

Messianisme, rédemption et métamorphose


Présentation


Au premier chapitre de son ouvrage décisif sur le messianisme juif, Scholem distingue les deux courants essentiels de ce mouvement protéiforme, à la fois religieux et politique : d’un côté, un courant restaurateur, visant au rétablissement du royaume - perdu et détruit - d’Israël ; et, de l’autre, un courant utopique, aspirant à un monde totalement inédit, entièrement nouveau quant à ses formes et quant à ses bases, un monde intégralement rédimé, transformé, métamorphosé.

Ces deux courants se nourrissent à une même source, celle de la tradition prophétique, d’où provient en partie ce qui fut d’abord une doctrine mystique : l’apocalyptique. Cette distinction entre un courant restaurateur et un courant utopique au sein du messianisme juif s’est progressivement muée en une division radicale. C’est cette division qu’il nous faut à nouveau divisé : il s’agit, pour nous, de voir ce qui appartient à l’élément apocalyptique, d’un côté, et ce qui relève de l’élément messianique proprement dit, à partir d’une nouvelle définition du messianisme.

Cette notion connaît un très profond bouleversement grâce aux efforts d’une nouvelle école de la kabbale juive, - qui en figure également le couronnement, - celle d’Isaac Louria, au XVIème siècle. C’est cette kabbale qui, à un siècle de distance, a inspiré l’extraordinaire mouvement messianique de Sabbataï Tsévi, au cours du XVIIème sicèle, et dont les conséquences ont couru jusqu’à la Révolution française - et jusqu’à nous, qui en racontons l’histoire.



mercredi Février 2014
20h 30

L’Anthropocène ("Jusqu’ici tout va bien mais ça pourrait bien être la fin du monde")


Présentation


Les glaciers fondent, Le Soudan, l’Égypte, la Syrie sont en flammes et partout des selfies font face à la dissolution du soi en attendant le grand déluge, une cohorte de zombies ou le prochain ouragan Sandy ou Katrina. Bienvenue à l’ANTHROPOCÈNE : l’ère dans laquelle les humains sont devenus une force assez puissante pour dissoudre la société humaine elle-même, rivalisant avec celle d’un super-volcan ou d’une astéroïde. Les humains, c’est à dire une entité capable de déchaîner des septillions de kilojoules d’énergie terrestre en un instant.

Cette discussion traitera de notre époque : une époque géologique nouvelle au cours de laquelle les humains ont eu un plus grand impact stratigraphique sur la Terre que tout autre processus ou forme naturel. Peuplant cet ère, notre civilisation s’acharne à rester viable, travaillant sans répit à maitriser l’environnement aussi bien qu’elle-même... et toujours au delà de ses propres limites. Le concept d’anthropocène n’annonce pas le triomphe de l’humanité mais son épuisement (du moins dans la forme dans la quelle elle se maintient). Marqué par la fonte de kilomètres de glace, des grandes tranches de côte avalées par la mer, la croissance du désert, l’expansion du flux phamaceutique (pour les humains, les animaux domestiques, les plantes), et l’existence même du film Her, l’Anthropocène s’approprie tout et dans ce mouvement fait grandir le désastre. Cela constitue le tissu et l’environnement de notre vie. L’intervention sera une lecture métaphysico-historique de “l’âge de l’homme”. Nous tenterons un examen post-mortem des infrastructures, peuples, et cours d’eau que les géologues, sous le concept d’anthropocène, se sont mis à étudier comme s’il s’agissait de rochers, de fossiles d’une civilisation morte. Un objectif clé de cette discussion sera de commencer à mettre en mots le sentiment commun qui nait de cette analyse pour lui donner une consistance concrète, élaborer un langage, des paramètres, et une stratégie pour affronter cette nouvelle réalité. Nous voulons forcer cette question : Étant donné que nous habitons dans une ruine, COMMENT VIVRE DANS UNE RUINE ?



jeudi Février 2014
15h 00

Fukushima. Vers le nord ou vers l’ouest : à la recherche d’un paradis en enfer (qui n’existe pas)



Le meilleur moyen de faire face à l’accident nucléaire, c’est de partir : tu abandonnes la terre contaminée et recommences une nouvelle vie ailleurs. Mais c’est pas évident. On va discuter cette difficulté dans le contexte de Fukushima en examinant un livre de Rebecca Solnit, *A Paradise Built in Hell : The Extraordinary Communities That Arises in Disaster *(2010, non traduit en français).



jeudi Février 2014
20h 30

Détroit ville sauvage


Projection


Bienvenu à Détroit, capitale du crime où l’herbe pousse sur les parkings et où les bâtiments s’effondrent. Ici, un nouveau mode de vie prend forme, et même si les graffitis annoncent des jours apocalyptiques, il n’y a aucune raison de paniquer. Detroit Ville Sauvage observe avec intelligence, coolitude, philosophie et distance, les changements dans les paysages urbains à ce moment historique où le “post” s’écrit avant “utopie” ou “dollar”.

D’invisibles désastres ont ruiné la ville. Tout ce qui reste sont des spots radio pour lutter contre l’endettement, des gangs de chiens errants, et un mystérieux tas de bibles calcinées. Mais au delà de ça, les gens ont commencé à se réorganiser en sociétés autonomes, où les pionniers font pousser des légumes et croient de nouveau au futur. Florent Tillon dirige sa camera sélective vers où les nouvelles idées poussent, parmi les ruines du 20ième siècle et de son “progrès éternel”. Et rien que de savoir que quelque chose de nouveau est en train de se passer est déjà en soi une bonne nouvelle…



vendredi Février 2014
19h 00

Dégustation d’insectes


Apéro survivaliste




vendredi Février 2014
20h 30

Fictions apocalyptiques. La guerre des usages politiques de cet imaginaire décisif.


Discussion


L’apocalypse présente n’est pas le début de la fin, mais son ajournement perpétuel. La crise permanente n’est plus la crise classique qui signifiait “moment décisif”, fin de la suspension, mort ou salut, c’est l’état du monde, et de sa gestion. Elle est fin sans fin, apocalypse durable, suspension indéfinie, différemment efficace de l’effondrement effectif, et pour cela état d’exception permanent.

La fiction Apocalyptique (et sa version capitaliste, de la « crise ») qu’elle soit dans la bouches des gouvernants ou des réalisateurs de films est une opération politique à plusieurs étages :

Déstabilisation. Les effondrements boursiers du monde, la mise en cessation de paiement de pays entiers, l’instabilité planétaire la plus fracassante ne doivent pas nous abuser : il n’y a pas présentement de crise du capitalisme en tant que commandement politique global. Ce qu’il y a, c’est un discours capitaliste de la crise, qui forme depuis les années 1970 une nouvelle technique de gouvernement. « Prévenir par la crise permanente toute crise effective ». Cela s’apparente, à l’échelle du quotidien, à la pratique contre-insurrectionnelle bien connue du « déstabiliser pour stabiliser », qui consiste pour les autorités à susciter volontairement le chaos afin de rendre l’ordre plus désirable à la population que la révolution.

Dépolitisation. Dans sa version apocalyptique, le changement vient d’un ailleurs totalement étranger : comète, martiens, dieux, zombies. Parfois plus familier : cataclysme climatique, guerre nucléaire, épidémie. Il en est de même quand il s’agit de la « crise » : marchés, spéculateurs, étrangers ou encore fainéantise. Au final le même effet : les changements majeurs de sont pas l’œuvre des hommes et si elles le sont, c’est contre leur volonté et à leurs dépends. Notre seule attitude possible est la réaction, et au pire l’attente. Et d’ici là, passer le temps.

Anticipation. Dans le même temps, les gouvernements travaillent à une ingénierie toujours plus fine permettant à leur pouvoir et à l’économie de perdurer, quoi qu’il se passe. Pensant les iunfrastructures de communications, de transports ou énergétiques, la résilience devient la science d’un gouvernement durable (face au catastrophe) et diffus (pour tenir, la décentralisation est plus efficace).

Maintenant.

Que peut-on apprendre de ce mouvement ? Comment s’en inspirer, le contrer ? Est-ce qu’une modification des formes de pouvoir appelle une modification des formes de résistances ?

Comment dans la catastrophe qui vient et qui ne vient jamais, dans cette catastrophe d’un temps qui n’est pas vraiment là, faire durer et consister un temps présent ? Comment dans un embrassement, résister à la fatigue et à la peur, le faire durer ? Comment le susciter ?

Comment ne pas revenir à la normale ? Comment s’épaissir ?



samedi Février 2014
20h 00

Unclear Holocaust


Projection


Dans un lieu tenu secret augmentant ses chances de survie face à l’apocalypse.

Détourné par le L’anti-banalité syndicat. 65 mins U.SS.A.

(Tout le contenu du film est protégé par le Fair Use Clause of the Copyright Act of 1976.) Unclear Holocaust est une longue autopsie du fantasme hollywoodien de la destruction de New-York glanée à travers une cinquantaine d’importants bluckbusters détournés pour réaliser une orgie ininterompue d’images de génocide. C’est un assemblage sans précédent d’énormes doses de capital et de propriété privée et tout ça dans un même film, qui, grâce à la mystérieuse efficacité de sa narration finit par s’anéantir dans un flots de feu, d’eau et d’aéronautique

A.B.U. Communiqué #1
« Un film Terroriste qui cambriole la propagande américaine et explose sur New-York. Tout est anéantit et le monde applaudit. A travers une cinquantaine de blockbusters détournés de leur prétention demokratique, on voit le Cinéma tel qu’il est : une anihilation sans retour, le fantasme d’auto-génocide de masse d’un monde dépressif et mégalomaniaque . L’écran se lève sur l’obscène derrière chaque image. Les personnages et la narration brûlent dans les mouvements brutaux d’une caméra psychotique d’où émane toute la violence. La mise en scène fait l’inventaire de l’arsenal visuel de la domination, enumérant et mesurant la puissance des armes du Spectacle. Le complexe militaro-hollywodien les utilise avec une rigueur exemplaire afin de lancer une attaque pour se prémunir de son ombre, le Terroriste. Et, comme dans toutes les rencontres avec son double, le protagoniste finit par s’auto-détruire. »



samedi Février 2014
22h 00

Kawaii mort


Concert


Dans un lieu tenu secret augmentant ses chances de survie face à l’apocalypse.



texte

On connaît l’apocalypse comme le dernier concept coolifié d’une époque en ruine. Partout on nous dit que la fin est proche. Les chrétiens nous bassinent avec leur mythe salvateur et les forces antagonistes ne cessent de prédire l’effondrement de la civilisation, une sorte de croyance en la rupture, oui, on y a cru un moment parce que les mythes nous atteignent encore. Mais on constate aussi que le monde n’en finit pas, de s’effondrer. Que c’est bien ce sur quoi les nouvelles formes de gouvernementalités sont constituées, sur l’effondrement. Gouverner cet effondrement de catastrophe en catastrophe, de misère existentielle en misère existentielle.

Nous vivons dans une époque en ruine et qui se porte bien. Les ruines sont l’esthétique, le décor au milieu duquel le monde suit sont cours. Je n’ai jamais foutu les pieds à Détroit et pourtant les ruines de cette ville ont déjà colonisé mon imaginaire, je me demande bien si on peut y traîner sans y croiser un photographe. Un nouveau lieu branché s’est formé au sein du ghetto, une sorte de musée à ciel ouvert du post- apocalyptique.

Les américains sont des milliers à se préparer à une catastrophe naturelle ou non, une de celle qui ravagerait la côte Est, une attaque de terroristes ou de zombies. Les « preppers », un mouvement de préparation dans l’attente, celle d’avoir l’opportunité de devenir le héros de sa propre vie, d’avoir le premier rôle de tous ces films hollywodiens catastrophistes que la planète bouffent en permanence. Paraîtrait qu’à Vegas y’a des magasins spécialisés dans la revente de balle anti-zombie, sérieux ? Las Vegas qui en attendant s’apprête à vivre une pénurie de flotte, et regorge de groupe de Métal aux paroles scandant la fin du monde.

Se remettre de Fukushima est un bien grand mot. Les gouvernements ont trouvé dans certaines catastrophes de grandes opportunités de perfectionnement, un réaménagement du territoire, un test de fonctionnement d’une infrastructure ou d’une stratégie de contre-insurection... Pour autant cela reste des catastrophes limitées dans le temps, un ouragan, un raz de marée, un crash économique. Fukushima c’est l’éternité. Fukushima nous montre combien il n’y a pas d’autre monde possible que celui qui est là, pourri par les radiations. De toute façon qui peut encore aujourd’hui se targuer de changer le monde ? Le déclin des contre-sommets nous en donne une certaine preuve. L’alternative maintenant c’est la connexion, la circulation ininterrompu des flux : les assemblées d’Occupy sur tweeter, le cabinet d’Obama qui pense sérieusement à la cyberdémocratie et Google qui se vante de pouvoir négocier son propre Etat où leur plate-forme serait le nouveau pouvoir.

Et merde on peut même plus avoir un bon vieux black out sans que les black Berry continuent à assurer les communications.

Difficile de mêler Apocalypse et devenir révolutionnaire. Peut être qu’il nous faudrait s’attacher à ce qu’il y a de devenir dans ce goût pour le black out. Imaginez les transports parisiens. Un parisien ça passe son temps à être transporté. On dit bien « transporté » comme un paquet. Je te raconte pas le nombre d’heures par jour à être complètement absent. Transporté comme un paquet, et là une panne de métro. Des centaines de paquets bloqués dans les sous-sols de Paris. Mais comme le paquet c’est pas qu’un paquet, le paquet quand il est bloqué il se réanime. Il commence à vivre dans cette nouvelle temporalité, une présence recouvrée, ici/ maintenant. Imaginons si le 4G n’avait pas permis que plus de la moitié des New Yorkais vivent leur ouragan Sandy derrière leur ordinateur à tweeter, retweeter et facebooker encore.

Si on aime le bordel, si on trip sur le black out, c’est qu’on croit à d’autres temporalités que le temps linéaire, que celle du but à atteindre. On croit à d’autres types de présences que celle qui attend de nous d’être des individus connectés, fascinés par la fluidité des métropoles radieuses, ceci est un mythe, explosons le, tout comme celui de la fin du monde.

La fin du monde n’arrivera pas dans un grand éclat spectaculaire, il n’y aura pas de grand soir suffisant, il n’y a pas la fin du monde puis son après. Il n’y a pas de paradis à nous attendre. La révélation on l’imagine maintenant et tout le temps. Fini d’attendre le moment où se serait tellement le bordel que la perspective d’aller bosser serait le truc le plus stupide à faire. Trouvons nous.

Bibliographie

Norman Cohn, Les Fanatiques de l’Apocalypse

L’incendie millénariste, disponible en pdf ici

Jacob Taubes, L’Eschatologie occidentale

Yves Christe pour les premiers siècles chrétiens et la canalisation institutionnelle de l’apocalypse

Daniel Arasse, Le Portrait du Diable

Jérôme Baschet, Justice de l’au-delà, sur le purgatoire, le Jugement dernier

Donald Weinstein sur Savonarole

Caroline Walker Bynum, Fragmentation and Redemption

Millard Meiss, The Black death sur les peintres et la peste à Florence

Joachim de Flore est l’auteur qui a réouvert la possibilité millénariste après l’identification par Augustin de l’Église et du millénaire. Voilà un site avec les diagrammes de ses manuscrits (diagramme de la progression historique des trois âges de l’histoire sur le modèle trinitaire et achevépar l’âge du Saint-Esprit).

Nouvelles du monde

Les messages qui suivent sont issus du réseau social Seenthis.net . Celui-ci permet "du short-blogging sans limite de caractères. De la recommandation de liens. Des automatismes pour rédiger facilement vos messages. Des forums sous chaque billet. De la veille d’actualité. Une thématisation avancée."

Ces message arrivent tout seuls ici et sont là pour donner un peu une actualité et une ambiance de ce qui se passera dans la semaine.

Vous pouvez en rajouter en vous inscrivant sur seenthis et en ajoutant les tags #it_has_begun, #apocalypse, #fukushima ou #ghost dans votre message.

Le départ des Européens a commencé en Angleterre

Inquiets, certains citoyens européens font déjà les valises. Le spectre du manque de main-d’œuvre qualifiée plane.

http://www.tdg.ch/economie/Le-depart-des-Europeens-a-commence-en-Angleterre/story/13522509

#migrants_européens #Brexit #UK #Angleterre #it_has_begun

Dead Mall: A mall with a high vacancy rate, low consumer traffic level, or is dated or deteriorating in some manner. For purposes of inclusion on this site, Deadmalls.com defines a dead mall as one having a occupancy rate in slow or steady decline of 70% or less.
http://deadmalls.com/index.html
Mais qu’est-ce qu’on va faire des centres commerciaux ??
par Sébastien Navarro dans @cqfd n°152
#récession #fièvre_acheteuse #centres_commerciaux #enseignes #friches_urbaines #consumérisme #cauchemar_climatisé
Que notre règne arrive
https://images.noosfere.org/couv/d/denoel25892-2007.jpg
https://www.noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?NumLivre=2146570128
#JG_Ballard


Le 5 mars
Vanderling (@vanderling)
https://seenthis.net/messages/575300
#ghost - Seenthis

Amnesty | Des mesures cruelles de détention des migrants sont préconisées par la Commission européenne
http://asile.ch/2017/03/05/amnesty-mesures-cruelles-de-detention-migrants-preconisees-commission-europeen

http://asile.ch/wp/wp-content/uploads/2017/03/2017-03-02_RecommandationsUE.png

Les recommandations de la Commission européenne invitant les États à placer en détention presque tous les migrants en situation irrégulière avant de les renvoyer dans leur pays d’origine, sans aucune restriction sur le lieu où ils peuvent être arrêtés, révèle la cruauté et l’hypocrisie de la politique migratoire des commissaires européens.

UK may return tortured asylum seekers to country they fled, says immigration minister

The immigration minister said being tortured alone was no reason for being granted asylum

http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/asylum-seeker-torture-uk-refugee-immigration-minister-a7608206.html

#renvois #expulsions #torture #asile #migrations #réfugiés #UK #Angleterre #it_has_begun

Préoccupée par la #Russie, la Suède rétablit le #service_militaire

La Suède a annoncé jeudi le rétablissement du service militaire dès cet été, sept ans après l’avoir abandonné, invoquant l’évolution de la situation sécuritaire, sur fond d’affirmation des ambitions russes dans la région.

http://www.liberation.fr/planete/2017/03/02/preoccupee-par-la-russie-la-suede-retablit-le-service-militaire_1552800?x
#militarisation #it_has_begun #Suède #armée
via @albertocampiphoto

The Cancer of the Great Lakes - Issue 46: Balance
http://nautil.us/issue/46/balance/the-cancer-of-the-great-lakes

http://static.nautil.us/11800_0db32de7aed05af092becfc3789e7700.png

The first day of June 1988 was sunny, hot, and mostly calm—perfect weather for the three young researchers from the University of Windsor who were hunting for critters crawling across the bottom of Lake St. Clair. Sonya Santavy was a freshly graduated biologist aboard a 16-foot-long runabout as the whining outboard pushed the boat toward the middle of the lake that straddles the United States and Canadian border. On a map, Lake St. Clair looks like a 24-mile-wide aneurysm in the river system east of Detroit that connects Lake Huron to Lake Erie, and that is essentially what it is. Water pools in it and then churns through as the outflows from Lakes Superior, Michigan, and Huron tumble down into Erie, then continue flowing east over Niagara Falls into Lake Ontario, and finally down the (...)


Le 2 mars
nautilus [RSS] (@nautilus)
https://seenthis.net/messages/574613
city:detroit - Seenthis

Nous sommes entrés dans l’anthropocène, affirment des minéralogistes
https://reporterre.net/Nous-sommes-entres-dans-l-anthropocene-affirment-des-mineralogistes
https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L720xH481/arton11732-a803a.jpg?1488384517

L’activité humaine est responsable de l’apparition récente de 4 % des minéraux recensés, selon une étude scientifique. Ces 208 nouveaux minéraux, apparus en un temps géologique extrêmement court, prouvent selon eux que nous sommes bel et bien entrés dans l’ère de l’anthropocène. L’industrie humaine et l’ingéniosité ont plus fait pour diversifier et distribuer les minéraux sur la Terre que tout ce qui s’est passé depuis l’émergence de l’oxygène, il y a environ 2,2 milliards d’années ! C’est ce qu’affirment (...)

#géologie #minéraux

Hungary will reject migrants from EU states

Hungary will not accept any refugee sent by other European Union countries, a minister in charge of the Hungarian Prime Ministry said late Tuesday.

“Western European countries, especially Germany and Sweden, want to send about 30,000 migrants back to Hungary. We will not accept them,” Janos Lazar told reporters during a conference in Budapest.

http://aa.com.tr/en/europe/hungary-will-reject-migrants-from-eu-states/761312

#Dublin #Règlement_dublin #asile #migrations #it_has_begun #Hongrie #renvois

Message de service, juste pour me souvenir : recherche des mots clés pour qualifier certaines évolutions actuelles :

#déliquescence #décadence #régression #fragmentation

Message de service, juste pour me souvenir : recherche des mots clés pour qualifier certaines évolutions actuelles :

#déliquescence #décadence #régression #fragmentation

Austria plans to stop giving food and shelter to rejected asylum seekers

Government bill is aimed at encouraging asylum seekers to leave voluntarily.

http://www.politico.eu/article/austria-plans-to-stop-giving-food-and-shelter-to-rejected-asylum-seekers

#régression #it_has_begun #asile #migrations #déboutés #réfugiés #Autriche #dissuasion #logement #hébergement #nourriture

The #Capitalocene
Benjamin Kunkel reviews ‘The Birth of the #Anthropocene’ by Jeremy Davies, ‘Capitalism in the Web of Life’ by Jason Moore and ‘Fossil Capital’ by Andreas Malm · LRB 2 March 2017
https://www.lrb.co.uk/v39/n05/benjamin-kunkel/the-capitalocene

Two of the most formidable contributions so far to the literature of the Anthropocene come from authors who reject the term. Jason Moore in Capitalism in the Web of Life and Andreas Malm in Fossil Capital have overlapping criticisms of what Moore calls ‘the Anthropocene argument’. Its defect, as Moore sees it, is to present humanity as a ‘homogeneous acting unit’, when in fact human beings are never to be found in a generic state. They exist only in particular historical forms of society, defined by distinct regimes of social property relations that imply different dispositions towards ‘extra-human nature’. An Anthropocene that begins ten thousand years ago sheds no light on the ecological dynamic of recent centuries; modern Anthropocenes – usually conceived as more or less coeval with mercantile, industrial or postwar capitalism – either ignore the specific origins of the period or, at best, acknowledge but fail to analyse them. A concept attractive in the first place for its periodising potential thereby forfeits meaningful historical content. Moore proposes that the Anthropocene be renamed the ‘Capitalocene’, since ‘the rise of capitalism after 1450 marked a turning point in the history of humanity’s relation with the rest of nature, greater than any watershed since the rise of agriculture.’

#capitalisme #climat

The Motor City soars to new heights | Panethos

https://panethos.wordpress.com/2017/02/23/the-motor-city-soars-to-new-heights

https://panethos.files.wordpress.com/2017/02/finalbedrock.png
https://panethos.files.wordpress.com/2017/02/shinola.jpg?w=553&h=321

esterday, it was announced that Dan Gilbert, owner of Quicken Loans will be constructing the tallest building in the State of Michigan on the site of the former Hudson’s Department store in downtown #Detroit. The tower is proposed to contain 52 floors and reach 734 feet into the sky.

For those of you who wrote of the Motor City years ago, this magnificent project is the culmination of years of hard work in Detroit to turn the narrative from negative to positive. Some of these have been enumerated here on Panethos, but not nearly all of them.

Centres-villes morts, moches périphéries, merci qui ?

Les centres se meurent dans beaucoup de villes moyennes. La faute à 20 ans de construction frénétique de zones commerciales périphériques et un conflit, toujours présent, entre #aménagement_du_territoire et développement (soi-disant) économique. Bientôt des « Death Malls », comme aux Etats-Unis ?

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https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-economique/centres-villes-morts-moches-peripheries-merci-qui

#villes-fantômes #ghost-town #France #périphéries
signalé par @franz42

La #FNSEA veut faire disparaître les petits cours d’#eau de nos cartes
https://reporterre.net/La-FNSEA-veut-faire-disparaitre-les-petits-cours-d-eau-de-nos-cartes
https://reporterre.net/IMG/arton11699.jpg

Les situations varient de département en département selon les rapports de force locaux. En Bretagne, par exemple, des inventaires des zones humides et des cours d’eau ont été engagés depuis vingt ans par les collectivités locales. « Il y a donc eu peu de conflits lors de la #cartographie, car il existait déjà un inventaire relativement exhaustif, et élaboré de manière collective, explique Gilles Huet. Par contre, dans certains départements, notamment ceux où les associations sont peu actives, les agriculteurs ont fait ce qu’ils voulaient. »
Résultat, de nombreux cours d’eau pourraient purement et simplement perdre leur statut protecteur à l’issue de la procédure. Il est à ce jour très difficile de chiffrer le nombre de déclassements, car la plupart des cartes départementales ne sont pas finalisées, faute d’accords entre les parties prenantes. La date limite de fin 2016, donnée par le ministère de l’Environnement, n’a donc pas été respectée. Mais les données disponibles sont déjà éloquentes.

La nouvelle carte (provisoire) des cours d’eau de Seine-et-Marne, communiquée aux associations en juillet 2016.
D’après nos sources, le déclassement pourrait toucher jusqu’à 20 % des cours d’eau dans certains territoires. Dans beaucoup de cas, par commodité, l’inventaire comprend essentiellement les cours d’eau de la carte IGN au 25.000e, qui représente « une sous-estimation considérable de la réalité de terrain », qui peut atteindre d’après Gilles Huet jusqu’à 30 % suivant les lieux. « L’Institut géographique national n’a pas pour mission de cartographier de manière systématique les cours d’eau, explique-t-il. Résultat, il n’intègre que des éléments du réseau hydrographique évident. Mais tout le petit chevelu, qui correspond aux zones les plus sensibles — les têtes de bassin versant, les zones humides — risque de disparaître. »


Le 28 février
Agnès Maillard (@monolecte)
https://seenthis.net/messages/573892
#it_has_begun - Seenthis



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