Du 3 au 9 février, Maison de la Grève.

US Apocalypse

Quelques jours pour penser depuis l'Amérique du Nord et Rennes Métropole la fin du monde, et son au-delà.

Viens !

C’est ainsi que s’achève l’Apocalypse de Jean, le dernier texte du nouveau testament chrétien, et que commence notre civilisation. Un mot qui donnera la tonalité de 2000 ans d’histoires.

Ce « Viens ! » la traversera, de part en part, et en profondeur.

Il annonce le retour imminent du Christ. Il marquera le signe de la fin des temps, l’instauration de la cité de Dieu, la victoire des bons sur les méchants pour les siècles des siècles. Mais il ne viendra pas. Ce sera le « Viens ! » du gouvernement, de la suspension. Le « Viens ! » d’un temps qui n’est pas là, d’un temps à venir. Et finalement, le « Viens ! » de la soumission au temps présent, en attendant. « Ils attendaient le retour du Christ, et c’est l’Eglise qui est venue ».

D’autres l’entendront comme un « Viens ! » gratuit, rageur et sensuel, mystique. Un appel à nous-même, ici-même, au soulèvement de l’âme. Un appel au présent, à ce qui est là, tellement proche, muré dans la routine de soi, dans la répétition du monde. Viens à moi. Viens en moi. Réveille-moi.

Pour d’autres encore, ce sera le « Viens ! » révolutionnaire. Un « Viens ! » qui appel, comme un mantra, un hymne ou un cri, pour tout changer, pour tous, définitivement. Viens en nous. Réveillons-nous.

Ces quelques jours pour penser et goûter avec ces possibilités du monde.

Viens !

Semaine US Apocalypse

Le programme est susceptible de changer.

Avant

- le 28 janvier 28h00 Lecture de Deleuze : « Nietzsche et Saint-Paul, Lawrence et Jean de Padmos », préface de Apocalypse de D.H. Lawrence. "La modernité de l’Apocalypse est moins dans les catastrophes annoncées que dans « l’instauration démente d’un pouvoir ultime, judiciaire et moral »" .

Pendant

- le 3/02 : 20h30 | PROJECTION
Las Vegas Méditations, en présence du réalisateut Florent Tillon. « Ville du degré zéro de l’urbanité, de l’architecture et de la culture, ville du degré zéro de la sociabilité, de l’art et de la pensée. Ville du trop qui devient sans, de l’excès qui se mue en défaut, de la profusion qui tourne en privation. » Bruce Bégout - Zeropolis

- le 4/02 : 20h30 | PRESENTATION
Messianisme, rédemption et métamorphose. Analyse de l’inspiration apocalyptique dans les différents courants messianiques, bouleversés par la kabbale lourianique et Sabbataï Tsévi, et dont les conséquences courent jusqu’à nous qui en racontons l’histoire.

- le 5/02 : 20h30 | PRESENTATION
Anthropocène : analyse de l’effondrement de la civilisation (USA). Bienvenue à l’ANTHROPOCÈNE : l’ère dans laquelle les humains sont devenus une force assez puissante pour dissoudre la société humaine elle-même, rivalisant avec celle d’un super-volcan ou d’une astéroïde.

- le 6/02 : 15h00 | PRESENTATION
Fukushima. Vers le nord ou vers l’ouest : à la recherche d’un paradis en enfer (qui n’existe pas) (JAPAN). Le meilleur moyen de faire face à l’accident nucléaire, c’est de partir : tu abandonnes la terre contaminée et recommences une nouvelle vie ailleurs.

- le 6/02 : 20h30 | FILM
Detroit ville sauvage, en présence du réalisateur Florent Tillon. Bienvenu à Détroit, capitale du crime où l’herbe pousse sur les parkings et où les bâtiments s’effondrent. Ici, un nouveau mode de vie prend forme, et même si les graffitis annoncent des jours apocalyptiques, il n’y a aucune raison de paniquer. Résurrection urbaine après le désastre invisible du XXIe siècle.

- le 7/02 : 19h00 | APERO
Apéro survivaliste : dégustation d’insectes.

- le 7/02 : 20H30 | DISCUSSION
Fictions apocalyptiques. La guerre des usages politiques de cet imaginaire décisif.. L’apocalypse présente n’est pas le début de la fin, mais son ajournement perpétuel. La crise permanente n’est plus la crise classique qui signifiait “moment décisif”, fin de la suspension, mort ou salut, c’est l’état du monde, et de sa gestion.

- le 8/02 : 20h00 | FILM + CONCERT
Projection (Unclear holocaust) et Concert (Kawaii mort) dans un lieu tenu secret augmentant ses chances de survie face à l’apocalypse.

Après

- A des dates non définies : Visite de la tenture de l’Apocalypse au château d’Angers - http://angers.monuments-nationaux.fr/ et cours sur l’icônographie Apocalyptique. Si vous voulez être tenu au courant ou proposer des films, des ateliers, des discussions... Faites-nous signe.



mardi Janvier 2014
18h 00

« Nietzsche et Saint-Paul, Lawrence et Jean de Padmos », préface de Deuleuze à Apocalypse de D.H. Lawrence


Lecture


En écrivant son commentaire de l’Apocalypse, DH Lawrence renverse l’idée qu’on se fait communément du christianisme : ce qu’il prône n´est pas la bonté et le renoncement au pouvoir du Christ ; L´Apocalypse est le récit des faibles — les premiers Chrétiens — qui veulent s´emparer un jour du pouvoir des forts symbolisé par Babylone, c´est-à-dire Rome. D’après Gilles Deleuze, la modernité de l’Apocalypse est moins dans les catastrophes annoncées que dans " l’instauration démente d’un pouvoir ultime, judiciaire et moral. "



lundi Février 2014
20h 30

Las Vegas Méditations


Projection


Entre vacarme de moteurs endiablés et figures acrobatiques extrêmes, des motos surgissent du désert et nous emmènent sur l’autoroute de Vegas.Sur le panneau « Welcome » de la ville, des bancs de touristes se prennent en photo à la chaîne.Dans un bar paumé, un col blanc trentenaire habillé en fan de Trash Metal se demande si sa vie n’est pas une blague. Son brillant groupe de Metal post-apocalyptique Dead Neon en est à sa deuxième démo, il se dit que c’est un début.

Entre ses banlieues abandonnées, l’épuisement radical de ses ressources naturelles, l’immoralité permanente de sa culture,Las Vegas est devenu la ville de la fin du monde, cristallisant toutes nos angoisses, fascinante Babylone de carton-pâte.

Que devient le sens de l’existence lorsque l’on vit dans une ville condamnée à disparaître ? Comment envisage-t-on l’avenir ? Comment est-ce que l’on s’y prépare ?



mardi Février 2014
20h 30

Messianisme, rédemption et métamorphose


Présentation


Au premier chapitre de son ouvrage décisif sur le messianisme juif, Scholem distingue les deux courants essentiels de ce mouvement protéiforme, à la fois religieux et politique : d’un côté, un courant restaurateur, visant au rétablissement du royaume - perdu et détruit - d’Israël ; et, de l’autre, un courant utopique, aspirant à un monde totalement inédit, entièrement nouveau quant à ses formes et quant à ses bases, un monde intégralement rédimé, transformé, métamorphosé.

Ces deux courants se nourrissent à une même source, celle de la tradition prophétique, d’où provient en partie ce qui fut d’abord une doctrine mystique : l’apocalyptique. Cette distinction entre un courant restaurateur et un courant utopique au sein du messianisme juif s’est progressivement muée en une division radicale. C’est cette division qu’il nous faut à nouveau divisé : il s’agit, pour nous, de voir ce qui appartient à l’élément apocalyptique, d’un côté, et ce qui relève de l’élément messianique proprement dit, à partir d’une nouvelle définition du messianisme.

Cette notion connaît un très profond bouleversement grâce aux efforts d’une nouvelle école de la kabbale juive, - qui en figure également le couronnement, - celle d’Isaac Louria, au XVIème siècle. C’est cette kabbale qui, à un siècle de distance, a inspiré l’extraordinaire mouvement messianique de Sabbataï Tsévi, au cours du XVIIème sicèle, et dont les conséquences ont couru jusqu’à la Révolution française - et jusqu’à nous, qui en racontons l’histoire.



mercredi Février 2014
20h 30

L’Anthropocène ("Jusqu’ici tout va bien mais ça pourrait bien être la fin du monde")


Présentation


Les glaciers fondent, Le Soudan, l’Égypte, la Syrie sont en flammes et partout des selfies font face à la dissolution du soi en attendant le grand déluge, une cohorte de zombies ou le prochain ouragan Sandy ou Katrina. Bienvenue à l’ANTHROPOCÈNE : l’ère dans laquelle les humains sont devenus une force assez puissante pour dissoudre la société humaine elle-même, rivalisant avec celle d’un super-volcan ou d’une astéroïde. Les humains, c’est à dire une entité capable de déchaîner des septillions de kilojoules d’énergie terrestre en un instant.

Cette discussion traitera de notre époque : une époque géologique nouvelle au cours de laquelle les humains ont eu un plus grand impact stratigraphique sur la Terre que tout autre processus ou forme naturel. Peuplant cet ère, notre civilisation s’acharne à rester viable, travaillant sans répit à maitriser l’environnement aussi bien qu’elle-même... et toujours au delà de ses propres limites. Le concept d’anthropocène n’annonce pas le triomphe de l’humanité mais son épuisement (du moins dans la forme dans la quelle elle se maintient). Marqué par la fonte de kilomètres de glace, des grandes tranches de côte avalées par la mer, la croissance du désert, l’expansion du flux phamaceutique (pour les humains, les animaux domestiques, les plantes), et l’existence même du film Her, l’Anthropocène s’approprie tout et dans ce mouvement fait grandir le désastre. Cela constitue le tissu et l’environnement de notre vie. L’intervention sera une lecture métaphysico-historique de “l’âge de l’homme”. Nous tenterons un examen post-mortem des infrastructures, peuples, et cours d’eau que les géologues, sous le concept d’anthropocène, se sont mis à étudier comme s’il s’agissait de rochers, de fossiles d’une civilisation morte. Un objectif clé de cette discussion sera de commencer à mettre en mots le sentiment commun qui nait de cette analyse pour lui donner une consistance concrète, élaborer un langage, des paramètres, et une stratégie pour affronter cette nouvelle réalité. Nous voulons forcer cette question : Étant donné que nous habitons dans une ruine, COMMENT VIVRE DANS UNE RUINE ?



jeudi Février 2014
15h 00

Fukushima. Vers le nord ou vers l’ouest : à la recherche d’un paradis en enfer (qui n’existe pas)



Le meilleur moyen de faire face à l’accident nucléaire, c’est de partir : tu abandonnes la terre contaminée et recommences une nouvelle vie ailleurs. Mais c’est pas évident. On va discuter cette difficulté dans le contexte de Fukushima en examinant un livre de Rebecca Solnit, *A Paradise Built in Hell : The Extraordinary Communities That Arises in Disaster *(2010, non traduit en français).



jeudi Février 2014
20h 30

Détroit ville sauvage


Projection


Bienvenu à Détroit, capitale du crime où l’herbe pousse sur les parkings et où les bâtiments s’effondrent. Ici, un nouveau mode de vie prend forme, et même si les graffitis annoncent des jours apocalyptiques, il n’y a aucune raison de paniquer. Detroit Ville Sauvage observe avec intelligence, coolitude, philosophie et distance, les changements dans les paysages urbains à ce moment historique où le “post” s’écrit avant “utopie” ou “dollar”.

D’invisibles désastres ont ruiné la ville. Tout ce qui reste sont des spots radio pour lutter contre l’endettement, des gangs de chiens errants, et un mystérieux tas de bibles calcinées. Mais au delà de ça, les gens ont commencé à se réorganiser en sociétés autonomes, où les pionniers font pousser des légumes et croient de nouveau au futur. Florent Tillon dirige sa camera sélective vers où les nouvelles idées poussent, parmi les ruines du 20ième siècle et de son “progrès éternel”. Et rien que de savoir que quelque chose de nouveau est en train de se passer est déjà en soi une bonne nouvelle…



vendredi Février 2014
19h 00

Dégustation d’insectes


Apéro survivaliste




vendredi Février 2014
20h 30

Fictions apocalyptiques. La guerre des usages politiques de cet imaginaire décisif.


Discussion


L’apocalypse présente n’est pas le début de la fin, mais son ajournement perpétuel. La crise permanente n’est plus la crise classique qui signifiait “moment décisif”, fin de la suspension, mort ou salut, c’est l’état du monde, et de sa gestion. Elle est fin sans fin, apocalypse durable, suspension indéfinie, différemment efficace de l’effondrement effectif, et pour cela état d’exception permanent.

La fiction Apocalyptique (et sa version capitaliste, de la « crise ») qu’elle soit dans la bouches des gouvernants ou des réalisateurs de films est une opération politique à plusieurs étages :

Déstabilisation. Les effondrements boursiers du monde, la mise en cessation de paiement de pays entiers, l’instabilité planétaire la plus fracassante ne doivent pas nous abuser : il n’y a pas présentement de crise du capitalisme en tant que commandement politique global. Ce qu’il y a, c’est un discours capitaliste de la crise, qui forme depuis les années 1970 une nouvelle technique de gouvernement. « Prévenir par la crise permanente toute crise effective ». Cela s’apparente, à l’échelle du quotidien, à la pratique contre-insurrectionnelle bien connue du « déstabiliser pour stabiliser », qui consiste pour les autorités à susciter volontairement le chaos afin de rendre l’ordre plus désirable à la population que la révolution.

Dépolitisation. Dans sa version apocalyptique, le changement vient d’un ailleurs totalement étranger : comète, martiens, dieux, zombies. Parfois plus familier : cataclysme climatique, guerre nucléaire, épidémie. Il en est de même quand il s’agit de la « crise » : marchés, spéculateurs, étrangers ou encore fainéantise. Au final le même effet : les changements majeurs de sont pas l’œuvre des hommes et si elles le sont, c’est contre leur volonté et à leurs dépends. Notre seule attitude possible est la réaction, et au pire l’attente. Et d’ici là, passer le temps.

Anticipation. Dans le même temps, les gouvernements travaillent à une ingénierie toujours plus fine permettant à leur pouvoir et à l’économie de perdurer, quoi qu’il se passe. Pensant les iunfrastructures de communications, de transports ou énergétiques, la résilience devient la science d’un gouvernement durable (face au catastrophe) et diffus (pour tenir, la décentralisation est plus efficace).

Maintenant.

Que peut-on apprendre de ce mouvement ? Comment s’en inspirer, le contrer ? Est-ce qu’une modification des formes de pouvoir appelle une modification des formes de résistances ?

Comment dans la catastrophe qui vient et qui ne vient jamais, dans cette catastrophe d’un temps qui n’est pas vraiment là, faire durer et consister un temps présent ? Comment dans un embrassement, résister à la fatigue et à la peur, le faire durer ? Comment le susciter ?

Comment ne pas revenir à la normale ? Comment s’épaissir ?



samedi Février 2014
20h 00

Unclear Holocaust


Projection


Dans un lieu tenu secret augmentant ses chances de survie face à l’apocalypse.

Détourné par le L’anti-banalité syndicat. 65 mins U.SS.A.

(Tout le contenu du film est protégé par le Fair Use Clause of the Copyright Act of 1976.) Unclear Holocaust est une longue autopsie du fantasme hollywoodien de la destruction de New-York glanée à travers une cinquantaine d’importants bluckbusters détournés pour réaliser une orgie ininterompue d’images de génocide. C’est un assemblage sans précédent d’énormes doses de capital et de propriété privée et tout ça dans un même film, qui, grâce à la mystérieuse efficacité de sa narration finit par s’anéantir dans un flots de feu, d’eau et d’aéronautique

A.B.U. Communiqué #1
« Un film Terroriste qui cambriole la propagande américaine et explose sur New-York. Tout est anéantit et le monde applaudit. A travers une cinquantaine de blockbusters détournés de leur prétention demokratique, on voit le Cinéma tel qu’il est : une anihilation sans retour, le fantasme d’auto-génocide de masse d’un monde dépressif et mégalomaniaque . L’écran se lève sur l’obscène derrière chaque image. Les personnages et la narration brûlent dans les mouvements brutaux d’une caméra psychotique d’où émane toute la violence. La mise en scène fait l’inventaire de l’arsenal visuel de la domination, enumérant et mesurant la puissance des armes du Spectacle. Le complexe militaro-hollywodien les utilise avec une rigueur exemplaire afin de lancer une attaque pour se prémunir de son ombre, le Terroriste. Et, comme dans toutes les rencontres avec son double, le protagoniste finit par s’auto-détruire. »



samedi Février 2014
22h 00

Kawaii mort


Concert


Dans un lieu tenu secret augmentant ses chances de survie face à l’apocalypse.



texte

On connaît l’apocalypse comme le dernier concept coolifié d’une époque en ruine. Partout on nous dit que la fin est proche. Les chrétiens nous bassinent avec leur mythe salvateur et les forces antagonistes ne cessent de prédire l’effondrement de la civilisation, une sorte de croyance en la rupture, oui, on y a cru un moment parce que les mythes nous atteignent encore. Mais on constate aussi que le monde n’en finit pas, de s’effondrer. Que c’est bien ce sur quoi les nouvelles formes de gouvernementalités sont constituées, sur l’effondrement. Gouverner cet effondrement de catastrophe en catastrophe, de misère existentielle en misère existentielle.

Nous vivons dans une époque en ruine et qui se porte bien. Les ruines sont l’esthétique, le décor au milieu duquel le monde suit sont cours. Je n’ai jamais foutu les pieds à Détroit et pourtant les ruines de cette ville ont déjà colonisé mon imaginaire, je me demande bien si on peut y traîner sans y croiser un photographe. Un nouveau lieu branché s’est formé au sein du ghetto, une sorte de musée à ciel ouvert du post- apocalyptique.

Les américains sont des milliers à se préparer à une catastrophe naturelle ou non, une de celle qui ravagerait la côte Est, une attaque de terroristes ou de zombies. Les « preppers », un mouvement de préparation dans l’attente, celle d’avoir l’opportunité de devenir le héros de sa propre vie, d’avoir le premier rôle de tous ces films hollywodiens catastrophistes que la planète bouffent en permanence. Paraîtrait qu’à Vegas y’a des magasins spécialisés dans la revente de balle anti-zombie, sérieux ? Las Vegas qui en attendant s’apprête à vivre une pénurie de flotte, et regorge de groupe de Métal aux paroles scandant la fin du monde.

Se remettre de Fukushima est un bien grand mot. Les gouvernements ont trouvé dans certaines catastrophes de grandes opportunités de perfectionnement, un réaménagement du territoire, un test de fonctionnement d’une infrastructure ou d’une stratégie de contre-insurection... Pour autant cela reste des catastrophes limitées dans le temps, un ouragan, un raz de marée, un crash économique. Fukushima c’est l’éternité. Fukushima nous montre combien il n’y a pas d’autre monde possible que celui qui est là, pourri par les radiations. De toute façon qui peut encore aujourd’hui se targuer de changer le monde ? Le déclin des contre-sommets nous en donne une certaine preuve. L’alternative maintenant c’est la connexion, la circulation ininterrompu des flux : les assemblées d’Occupy sur tweeter, le cabinet d’Obama qui pense sérieusement à la cyberdémocratie et Google qui se vante de pouvoir négocier son propre Etat où leur plate-forme serait le nouveau pouvoir.

Et merde on peut même plus avoir un bon vieux black out sans que les black Berry continuent à assurer les communications.

Difficile de mêler Apocalypse et devenir révolutionnaire. Peut être qu’il nous faudrait s’attacher à ce qu’il y a de devenir dans ce goût pour le black out. Imaginez les transports parisiens. Un parisien ça passe son temps à être transporté. On dit bien « transporté » comme un paquet. Je te raconte pas le nombre d’heures par jour à être complètement absent. Transporté comme un paquet, et là une panne de métro. Des centaines de paquets bloqués dans les sous-sols de Paris. Mais comme le paquet c’est pas qu’un paquet, le paquet quand il est bloqué il se réanime. Il commence à vivre dans cette nouvelle temporalité, une présence recouvrée, ici/ maintenant. Imaginons si le 4G n’avait pas permis que plus de la moitié des New Yorkais vivent leur ouragan Sandy derrière leur ordinateur à tweeter, retweeter et facebooker encore.

Si on aime le bordel, si on trip sur le black out, c’est qu’on croit à d’autres temporalités que le temps linéaire, que celle du but à atteindre. On croit à d’autres types de présences que celle qui attend de nous d’être des individus connectés, fascinés par la fluidité des métropoles radieuses, ceci est un mythe, explosons le, tout comme celui de la fin du monde.

La fin du monde n’arrivera pas dans un grand éclat spectaculaire, il n’y aura pas de grand soir suffisant, il n’y a pas la fin du monde puis son après. Il n’y a pas de paradis à nous attendre. La révélation on l’imagine maintenant et tout le temps. Fini d’attendre le moment où se serait tellement le bordel que la perspective d’aller bosser serait le truc le plus stupide à faire. Trouvons nous.

Bibliographie

Norman Cohn, Les Fanatiques de l’Apocalypse

L’incendie millénariste, disponible en pdf ici

Jacob Taubes, L’Eschatologie occidentale

Yves Christe pour les premiers siècles chrétiens et la canalisation institutionnelle de l’apocalypse

Daniel Arasse, Le Portrait du Diable

Jérôme Baschet, Justice de l’au-delà, sur le purgatoire, le Jugement dernier

Donald Weinstein sur Savonarole

Caroline Walker Bynum, Fragmentation and Redemption

Millard Meiss, The Black death sur les peintres et la peste à Florence

Joachim de Flore est l’auteur qui a réouvert la possibilité millénariste après l’identification par Augustin de l’Église et du millénaire. Voilà un site avec les diagrammes de ses manuscrits (diagramme de la progression historique des trois âges de l’histoire sur le modèle trinitaire et achevépar l’âge du Saint-Esprit).

Nouvelles du monde

Les messages qui suivent sont issus du réseau social Seenthis.net . Celui-ci permet "du short-blogging sans limite de caractères. De la recommandation de liens. Des automatismes pour rédiger facilement vos messages. Des forums sous chaque billet. De la veille d’actualité. Une thématisation avancée."

Ces message arrivent tout seuls ici et sont là pour donner un peu une actualité et une ambiance de ce qui se passera dans la semaine.

Vous pouvez en rajouter en vous inscrivant sur seenthis et en ajoutant les tags #it_has_begun, #apocalypse, #fukushima ou #ghost dans votre message.

Thought Police for the 21st Century: Google, Facebook Suppress Left Media Under the Guise of Combating “Fake News”
https://www.filmsforaction.org/articles/thought-police-for-the-21st-century

DETROIT—The abolition of net neutrality and the use of algorithms by Facebook, Google, YouTube and Twitter to divert readers and viewe


Le 6 février
filmsforaction [RSS] (@filmsforaction)
https://seenthis.net/messages/666798
city:detroit - Seenthis

Une nouvelle fois, un village américain défend son eau face à Nestlé RTS - 4 Février 2018 - afp/mh _
http://www.rts.ch/info/monde/9305618-une-nouvelle-fois-un-village-americain-defend-son-eau-face-a-nestle.html

Au nord des Etats-Unis, la commune d’Osceola Township dans le Michigan tente d’empêcher le géant suisse Nestlé d’extraire davantage l’eau de ses rivières. Son cas n’est pas unique.

Selon la population locale, les rivières ont rétréci depuis le début des années 2000, lorsque le géant de l’agroalimentaire Nestlé a commencé à pomper l’eau de la région pour la vendre sous la marque Ice Mountain, présentée comme eau de source, donc plus chère que de l’eau purifiée.

Située à 320 kilomètres au nord de Detroit, la commune agricole de quelque 900 habitants ne veut pas autoriser le géant suisse à construire une station de pompage visant à extraire 1500 litres d’eau par minute, contre 950 litres actuellement.

Montant dérisoire
Osceola Township a fait appel en janvier d’une décision d’une juge au motif que le projet de Nestlé allait affecter l’aquifère. Des données de scientifiques rémunérés par Nestlé montrent qu’il n’y a pas d’impact sur l’environnement, mais il n’existe pas d’étude indépendante.

La colère du village est en grande partie nourrie par le sentiment d’être exploité. Nestlé paie 200 dollars par an à l’Etat du Michigan pour pomper près de 500 millions de litres.

BONUS :
Levée de boucliers aux Etats-Unis
Le village d’Osceola Township n’est pas le premier à s’opposer à Nestlé. En 2015, la bourgade de Cascade Locks, dans l’Oregon, s’est insurgée contre la privatisation de la gorge du Columbia.

Entre économie et écologie, Nestlé à nouveau critiqué dans l’ouest des USA (Cascade Locks (Oregon))
https://www.rts.ch/info/sciences-tech/reperages-web/6963777-entre-economie-et-ecologie-nestle-a-nouveau-critique-dans-l-ouest-des-us

La même année, les Californiens s’élevaient contre le pompage de l’eau par Nestlé alors que la région faisait face à une sécheresse dramatique, au point de rationner la consommation des habitants.

En pleine sécheresse, Nestlé continue de pomper l’eau californienne
https://www.rts.ch/info/monde/6685785-en-pleine-secheresse-nestle-continue-de-pomper-l-eau-californienne.html

#vol #pillage #eau #extractivisme #résistance #USA #Etats-Unis #Michigan #multinationales #nestlé #privatisation #fiscalité

Pour faire suite à https://seenthis.net/messages/651061
ainsi que : https://seenthis.net/messages/632003
https://seenthis.net/messages/628888


Le 4 février
BCE 106,6 Mhz (@bce_106_6)
https://seenthis.net/messages/665855
city:detroit - Seenthis

Thought Police for the 21st Century: Google, Facebook Suppress Left Media Under the Guise of Combating “Fake News”
http://www.filmsforaction.org/articles/thought-police-for-the-21st-century

DETROIT—The abolition of net neutrality and the use of algorithms by Facebook, Google, YouTube and Twitter to divert readers and viewe


Le 31 janvier
filmsforaction [RSS] (@filmsforaction)
https://seenthis.net/messages/665033
city:detroit - Seenthis

La déliquescence sociale des États-Unis, par Olivier Raguenes (repris sur le Blog de Paul Jorion) medium.com - 15 Janvier 2018
https://www.pauljorion.com/blog/2018/01/16/la-deliquescence-sociale-des-etats-unis-par-olivier-raguenes
https://medium.com/@olivierraguenes/la-d%C3%A9liquescence-sociale-des-%C3%A9tats-unis-e3b0549be879

• L’espace médiatique consacré aux États-Unis, dans la presse du monde entier, est monopolisé par les polémiques causées par Donald Trump. Au-delà du caractère dangereux et imprévisible du personnage, son élection est un symptôme parmi d’autres d’une société en déliquescence. L’arbre incandescent Trump dissimule une forêt en flammes : celle de la société états-unienne. Un système social en lambeaux, des écoles délabrées, des ponts et des barrages qui ne tiennent plus qu’à un fil, des centres commerciaux qui ferment par centaines… différents pans de la société états-unienne sont fragilisés, notamment par les coupes budgétaires des administrations publiques.

• Il ne sera pas question ici d’envisager un effondrement des États-Unis à proprement parler, ni même de prétendre à un quelconque diagnostic de la misère sociale de certaines populations états-uniennes ; mais plutôt d’envisager plusieurs facettes d’un phénomène de décomposition sociale au cœur de la première puissance mondiale.

LE “CROWDFUNDING” COMME MODÈLE SOCIAL

• Le système social états-unien d’abord lancé par Truman puis réduit en cendres par Reagan, est un enjeu du débat politique entre Républicains et Démocrates depuis près d’un siècle. En 2008, le gouvernement fédéral démocrate avait fait de l’”Obamacare” un axe fort de sa politique sociale. Dès lors, les États-Uniens devaient bénéficier d’un système de couverture maladie efficace et ouvert à toutes et tous. Malheureusement inaboutie, cette réforme n’a pas réussi à répondre aux coûts de soin croissants des plus graves maladies, à commencer par les cancers. Les frais médicaux sont la première cause de faillite des ménages aux États-Unis nous indique le professeur de droit Daniel A. Austin. Pour faire face à la nécessité de soins quand le budget des malades est insuffisant, nombreux sont contraints de recourir au “crowdfunding” (ou financement participatif) pour payer leurs frais de santé. L’auteur Stephen Marche montre comment cette démarche est devenue un concours de popularité où les malades tentent dramatiquement de susciter l’identification des internautes afin de récolter de l’argent. Pourtant, près de 90% de ces tentatives ne lèvent pas les fonds nécessaires aux soins. Des entreprises comme GoFundMe ou YouCaring font de cette faille abyssale du système de santé un modèle économique en prélevant leur part sur les dons. Dans le même temps, l’administration Trump tente de détricoter les maigres avancées de l’Obamacare en renforçant cette dynamique mortifère. L’accès aux soins de santé devient un enjeu sanitaire majeur pour les classes populaires des États-Unis, et les inégalités sont exacerbées, aux dépens des minorités. D’autres secteurs publics sont dans une situation précaire dans le pays, à commencer par les écoles.

• La précarité des bâtiments scolaires a été soulevée par ces images partagées sur les réseaux sociaux, où l’on voit des élèves de Baltimore en classe par des températures glaciales, parfois inférieures à 6°C. C’est l’occasion d’une empoignade entre politiques, mais les raisons tiennent bien davantage aux budgets très restreints des infrastructures publiques aux États-Unis, et ce, peu importe la couleur du maire ou du gouverneur. La situation est bien plus grave qu’une panne de chauffage ponctuelle lors d’un événement météorologique extrême. Une commission menée par la structure gérant les écoles publiques de Baltimore a estimé que deux tiers des écoles de l’agglomération étaient dans un état “très précaire”, nécessitant pour plus de cinq milliards de dollars de travaux. Au-delà du cas devenu emblématique de Baltimore, ou encore de Detroit, les écoles publiques de l’ensemble du pays sont pour beaucoup délabrées. Plus de la moitié d’entre elles ont besoin de travaux pour revenir à un “bon état”. La réussite scolaire est pourtant liée à la qualité des infrastructures. Les familles aisées préfèrent inscrire leurs enfants dans le privé, quitte parfois à s’endetter pour le faire. Cette situation précaire ne date pas d’aujourd’hui, déjà en 1995 le gouvernement fédéral estimait nécessaires des investissements majeurs pour rétablir une école publique viable dans le pays. Depuis, face aux coupes des finances publiques, les budgets consacrés aux écoles n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant la crise de 2008. Les citoyens de Baltimore ont pour l’instant lancé une campagne de financement participatif afin de garantir un service décent dans les écoles. Donald Trump a promis un investissement de plus de mille milliards de dollars dans les infrastructures considérées prioritaires, dont les écoles. Mais elles ne sont pas seules à être dans un état déplorable, le système des transports souffre aussi d’un manque de moyens.

INFRASTRUCTURES OBSOLÈTES ET HAUSSE DES COÛTS D’ENTRETIEN

• Le ministère des transports fédéral reconnaît sur son site un cruel manque d’investissement public et appelle à une vision à long terme du réseau de routes et de ponts. Au Massachusetts ou à Rhode Island, plus d’un pont sur deux est déficient ou obsolète. Le Colorado ne dispose plus d’un budget suffisant pour maintenir en état son système routier. Le problème des infrastructures aux États-Unis se pose déjà sur le plan de l’efficacité du réseau, le temps perdu dans les transports par les foyers états-uniens est important, ce coût financier est estimé à 3400$ par an et par ménage. Mais ce problème se pose aussi au sujet de la sécurité des usagers. Les infrastructures sont dans un état très précaire, un barrage a même menacé de céder en février 2017, nécessitant l’évacuation de 200 000 personnes en Californie. La force publique peine donc déjà à entretenir les réseaux existants pour assurer leurs usages habituels. Si les structures sont en plus dégradées, le coût devient alors insupportable. La récurrence accrue des épisodes météorologiques extrêmes cause des dégâts matériels importants. Aux États-Unis, le coût des événements “naturels”, rendus plus forts à cause du dérèglement climatique provoqué notamment par l’activité économique états-unienne, a atteint un record en 2017. Ces dégâts sont cent fois plus coûteux que dans les années 1980 ! Le Wall Street Journal présente comment les assureurs, face aux incendies qui sont de plus en plus fréquents, emploient leurs propres pompiers pour préserver les maisons les plus coûteuses. La lutte anti-incendie n’est alors plus publique, mais bien privée, et devient un facteur supplémentaire d’inégalité.

• L’approvisionnement en eau est un problème dans le Sud-Ouest des États-Unis. Le débit du fleuve Colorado a baissé de 19% depuis les années 1990, et les experts estiment qu’à l’avenir, il faudra s’attendre à des restrictions de consommation de l’ordre de 35%. L’activité agricole est concernée, les prélèvements lui sont vitaux mais affectent les réserves d’eau. Située dans le désert, une ville comme Las Vegas demeure l’un des pôles touristiques et médiatiques forts des États-Unis. La “capitale du jeu” est aujourd’hui une agglomération menacée par le dérèglement climatique à travers les sécheresses. Soumise à de réels problèmes d’approvisionnement en eau, les investissements de la ville se multiplient pour tenter de repousser le problème, en utilisant toujours davantage d’énergie pour pomper l’eau depuis des réserves éloignées. Pour l’instant, bien aidés par des épisodes pluvieux, les efforts pour limiter les prélèvements du lac Mead donnent des résultats positifs, mais jusqu’à quand ?

LE “RETAIL APOCALYPSE” OU LA DÉSERTION COMMERCIALE ET SOCIALE

• Un nouveau phénomène affecte les tissus économiques, sociaux et ruraux des États-Unis. Appelé “retail apocalypse”, il s’agit en fait de la fermeture par centaines de centres commerciaux à travers le pays, les fameux “malls”. En 2017, Business Insider estime à 9 000 le nombre d’enseignes disparues, en 2018 cet effondrement pourrait provoquer la fermeture de 12 000 magasins. L’impact social de ces fermetures est très lourd localement, la situation du comté de McDowell est à ce titre éclairante mais dramatique. Déjà, les communautés rurales avaient accueilli l’arrivée de grandes structures commerciales avec enthousiasme. Des enseignes comme Walmart représentaient pour eux des opportunités d’emplois inespérées. Malheureusement, les populations locales sont entrées dans un état de dépendance vis-à-vis de ces structures. Walmart remplace les commerces de proximité, fournit aux gens des salaires et tous leurs biens de consommation (notamment la nourriture), mais accapare le lien social entier d’une communauté. Un instituteur indique même : “qu’il n’y a plus d’endroit pour rester et discuter”. Ces structures endossent dans les territoires nord-américains un rôle de centralité. Si elles viennent à disparaître, le maillage territorial se décompose. De plus, une fois que Walmart a fermé, les impôts versés localement s’envolent, réduisant le budget des écoles de 10%. En quelques mois, les emplois directs y sont passés de trois cent à zéro.

• Les distributeurs sont des pourvoyeurs importants d’emplois aux États-Unis, la faillite de ces magasins représente donc une perte d’emplois considérable. Les femmes sont bien plus concernées que les hommes par ces suppressions de postes. Entre novembre 2016 et novembre 2017, 129 000 femmes ont perdu leur emploi dans la vente d’après les statistiques officielles du département du travail états-unien. Les hommes eux, ont assez largement l’opportunité de se tourner vers l’industrie.

• Les secteurs d’activité autrefois créateurs d’emplois se tournent désormais vers l’automatisation, à commencer par l’industrie pétrolière. Les nombreux emplois supprimés par les majors lors de l’épisode de bas prix du pétrole, n’ont pas été recréés suite à la hausse des cours, les industriels investissant très largement dans les machines pour assurer l’exploitation.

• La déception de nombreux électeurs de Trump en 2016 a été illustrée par l’élection d’un démocrate à la tête de l’État d’Alabama. Les électeurs blancs de l’État ont préféré rester chez eux plutôt que de soutenir le candidat républicain accusé d’agression sexuelle. A contrario, les populations afro-américaines se sont plutôt mobilisées pour faire élire un démocrate. Cette société est toujours aussi divisée. Les hommes blancs plutôt âgés qui se sont déplacés ont voté à 70% pour le candidat républicain quand les femmes afro-américaines ont voté à près de 98% pour le candidat démocrate. Plus généralement, cet État illustre les tensions raciales, mais aussi la misère rurale de nombreuses régions des États-Unis. Des représentants de l’Organisation des Nations Unies ont visité le pays et notamment l’Alabama pour enquêter sur la pauvreté dans les pays développés. Le rapporteur, le professeur de droit Philip Alston, a été suivi par le Guardian lors de son voyage à travers les États-Unis. Il dit avoir vu “l’échec d’une société”. Cette misère, particulièrement criante dans les États du Sud, se perçoit à l’aide de l’habitat, des infrastructures, de la culture, mais aussi à travers les données sanitaires.

DE L’ABANDON SANITAIRE ET SOCIAL

• L’ankylostomose, une maladie qui concerne d’habitude les pays les plus pauvres et qui avait été éradiquée dans les années 1980 des États-Unis, est réapparue depuis quelques années dans la “blackbelt”, en particulier dans l’Alabama. Les systèmes d’égouts et de traitement des eaux y sont très largement défaillants, les bactéries et les parasites prolifèrent. Là encore, les Afro-américains sont les principaux touchés, leur situation économique et sanitaire est parfois déplorable. Le docteur Peter Hotez estime que douze millions de personnes pourraient souffrir de maladies tropicales dans le Sud des États-Unis. La maladie de Lyme se développe de façon incontrôlée dans tout l’Est du pays, en région rurale. Un élément principal de cette prolifération est l’anéantissement de la grande faune sauvage depuis plusieurs siècles. Les victimes font face, comme en France, à un aveuglement des autorités sanitaires.

• La misère sociale affecte aussi des mégapoles à l’image plutôt riche. Ainsi à Los Angeles, le nombre de personnes sans domicile fixe a bondi de 25% en un an, concernant 55 000 personnes en 2017. Cette situation est aussi empirée par l’administration Trump, qui ne cesse d’amputer les budgets en faveur du logement des plus précaires. Les villes sont donc aussi concernées par ce phénomène de déclassement social. Le film The Florida Project aborde la problématique sociale des Millenials (ou Génération Y) États-uniens, en particulier celle des jeunes mères. Elles y apparaissent sans diplôme, sans emploi stable, sans source de revenus, sans contact avec leur famille, bref en rupture totale avec la société. Le lien social se limite pour elles à leur voisinage. Pourtant, la protagoniste vit aux portes de Disneyland, symbole de la puissance culturelle et de la vitalité économique états-unienne. Son seul contact avec l’administration a pour visée de lui retirer la garde de sa fille. Ce film met des visages sur cette dégradation sociale qui devient très prégnante aux États-Unis. Ceci dit, les personnes les plus en rupture avec la société états-unienne vivent majoritairement dans les milieux ruraux.

LE NAUFRAGE RURAL

• Le Wisconsin est à cet égard un exemple marquant. État rural très agricole, il est le lieu depuis plusieurs années d’un drame social. De nombreux hommes blancs relativement âgés s’y donnent la mort. En pleine crise agricole, en 1982, le taux de suicide des agriculteurs avait atteint un premier record. En 2016, ce taux est 50% supérieur ! Pis, en 2017 ce taux est deux fois supérieur à celui des militaires vétérans, et trois fois supérieur à l’ensemble de la population. Le psychologue Mike Rosmann parle des agriculteurs comme d’une “espèce en danger”. Plus la région est rurale, plus le nombre de suicides y est élevé. Le docteur John Frey livre son explication, selon lui les facteurs sociaux qui affectent la durée de vie (santé, salaire, lien social) empirent, il pointe aussi du doigt la “désintégration de la communauté”, estimant que “le suicide est un acte de colère”. Il assimile ce phénomène à une ”épidémie invisible”. Aux États-Unis, bien que contestée, la liberté d’acheter et de porter une arme est pour beaucoup fondamentale. Plutôt qu’un moyen de défense, c’est un outil d’auto-destruction puisque 60% des décès causés par les armes à feu sont des suicides. La pygargue à tête blanche, emblème de la force états-unienne, a du plomb dans l’aile. Au-delà du suicide par arme à feu, d’autres comportements individuels destructeurs se multiplient aux États-Unis.

• Le nombre d’overdoses générées par la surconsommation d’opioïdes a augmenté de 21% entre 2015 et 2016 aux États-Unis. Le nombre de décès causés par ce phénomène a été multiplié par six entre 2013 et 2016. Ce fléau qui concerne de plus en plus de jeunes adultes, bénéficie aux entreprises qui vendent ces produits. Et c’est là tout le paradoxe de ce pays : une minorité génère son profit aux dépens des classes populaires. Le New Yorker détaille la manière dont la famille Sackler s’enrichit de cette explosion de la consommation d’opioïdes.

• La conjugaison de la hausse des suicides en milieu rural et de la crise d’opioïdes, a fait reculer l’espérance de vie états-unienne pour la deuxième année consécutive. En 1974, Emmanuel Todd anticipait l’effondrement de l’URSS en se basant sur un certain nombre de facteurs, dont le recul de l’espérance de vie. Sa démarche a inspiré l’ingénieur Dmitry Orlov, qui a tenté de définir Les Cinq Stades de l’Effondrement en appliquant son raisonnement aux États-Unis. Plutôt que de considérer ses travaux comme prophétiques, il convient toutefois de réaliser que l’effondrement social est a minima partiel, et que les budgets alloués aux politiques sociales ne cessent de fondre. La presse anglo-saxonne grand public ne rejette plus la perspective d’un ”collapse”. Parmi les facteurs qui ont causé l’effondrement de plusieurs sociétés par le passé, les inégalités de revenus apparaissent déterminantes. Cela se traduit déjà pour l’espérance de vie aux États-Unis : dix ans d’écart séparent le quart le plus riche et le quart le plus pauvre de la population.

LE GOUFFRE DES INÉGALITÉS 

• Les inégalités aux États-Unis concernent la santé, l’accès aux services élémentaires, l’accès à l’emploi, la couleur de peau, le sexe… mais aussi les revenus. D’après le rapport mondial des inégalités 2018 coordonné notamment par Thomas Piketty, le pourcent le plus riche concentre aujourd’hui plus de 20% des richesses, contre moins de 11% en 1980. À l’inverse, la moitié la plus pauvre du pays représentait près de 21% des richesses en 1980 contre à peine 13% en 2016. Ces deux dynamiques opposées ne se retrouvent pas dans les pays d’Europe de l’Ouest, pourtant, en 1980 ces mesures statistiques donnaient des résultats très proches des deux côtés de l’Atlantique. Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est d’observer la perception qu’ont les États-Uniens de cette répartition des richesses. Michael I. Norton et Dan Ariely montrent qu’aux yeux des cinq mille sondés de leur étude, les 20% les plus riches capteraient moins de 60% des richesses. Selon la logique du “winners take it all”, les 20% les plus fortunés représentent en fait près de 90% des richesses. Enfin, le ratio entre les revenus des dirigeants des entreprises et les salariés est passé de 20 en 1965 à près de 1000 au cours des années 2010 dans certains secteurs d’activité ! Dans son rapport annuel sur les risques, le Forum économique mondial alerte sur la hausse des inégalités dans plusieurs pays, dont les États-Unis. L’économiste Robert J. Gordon s’inquiète de la baisse du niveau de vie des ménages les plus pauvres des États-Unis. Mais il note aussi une certaine convergence entre les franges les plus pauvres des différentes communautés, une forme d’égalité relativement nouvelle entre Blancs, Hispaniques et Afro-américains face à la misère.

• Certes, le chômage est revenu à un taux historiquement bas et continue globalement à baisser, mais le taux de délinquance qui avait une évolution similaire jusqu’au milieu des années 2010, ne baisse plus. D’une part, de nombreux foyers sont toujours dans une situation de détresse financière, et d’autre part, les catégories les plus jeunes sont elles aussi étranglées par les prêts (études, logement, consommation). La réserve fédérale estime même que 38% des prêts étudiants ne sont pas remboursés, ce qui est une source de déséquilibre pour les banques. Le taux de chômage bas cache aussi la vague d’emplois à temps partiel qui a déferlé à partir de 2010. Près de six millions d’États-Uniens travaillant à temps partiel souhaitent passer à temps plein. Un quart des travailleurs à temps partiel serait en situation de pauvreté. Au-delà du salaire forcément réduit, certain⋅e⋅s employé⋅e⋅s à temps partiel perdent aussi leur couverture maladie. Incité⋅e⋅s par leurs employeurs à recourir à l’Obamacare avant l’élection de Donald Trump, qu’adviendra-t-il de ces populations quand le système entier aura été mis à sac ?

• Le soulman Sam Cooke chantait son espoir de jours meilleurs dans A Change Is Gonna Come en 1963, et fut (vraisemblablement) assassiné quelques années plus tard. Charles Bradley, l’un de ses héritiers sur le plan artistique, lui répondit dans Why Is It So Hard ? en 2011. Désabusé de sa condition d’Afro-américain aux États-Unis, Bradley chanta alors : “on dirait que rien ne va changer”. De nombreux Afro-américains sont encore considérés comme des citoyens de seconde zone, le mouvement Black Lives Matter a permis de mettre en avant les violences dont ils font l’objet. D’après le rapport sur les inégalités publié chaque année par l’Université des Standford, environ 25% des Hispaniques, des Afro-américains, et des Amérindiens sont pauvres, contre 10% seulement pour les communautés asiatique et blanche. Sur ce plan, il n’y a pas eu d’évolution significative depuis 1980 !

• Les discriminations et les traitements inégaux sont des composantes intrinsèques de la culture états-unienne. Cependant, des démarches existent pour tenter de renverser le paradigme racial. Aussi, le mouvement #MeToo permet de libérer la parole des femmes à travers le pays, ainsi que de faire trembler beaucoup d’hommes de pouvoir qui ont très largement abusé de leurs positions, parfois de manière criminelle.

VERS UN RETOUR À LA TERRE ?

• Plus qu’une période de crise, c’est une situation qui empire progressivement au cours des années. En matière sociale, les deux mandats de Barack Obama n’ont pas permis de réduire les inégalités géographiques, salariales, raciales, et sexuelles, ni même d’atténuer la tension entre policiers et communauté afro-américaine. Les politiques menées par Donald Trump ne permettront pas non plus de résoudre ces problèmes, ni de les mitiger. Même les classes moyennes, qui depuis l’essor du “American way of life” semblaient profiter d’une croissance économique régulière, sont en grande partie des perdants des évolutions du pays ces dernières années. Certains rejoignent la “classe moyenne supérieure”, mais la majorité rejoint de fait les classes populaires. Quelques privilégiés prétendent encore au “rêve américain”, mais la majorité vit quelque chose qui ressemble plutôt à une dystopie états-unienne.

• Alors, nombreux sont ceux à envisager un retour à la terre. Pour la deuxième fois au cours du dernier siècle, le nombre d’agriculteurs de moins de 35 ans a augmenté aux États-Unis en 2017, dont 69% de diplômés du supérieur. Ces jeunes promeuvent une agriculture plus résiliente, indépendante des pesticides et de l’agro-industrie. Ils ne remplacent en rien les agriculteurs plus âgés qui abandonnent leurs exploitations dans les milieux plus ruraux, mais ils offrent une nouvelle dynamique aux espaces périurbains. L’effondrement industriel de Detroit et sa renaissance par l’agriculture urbaine forment un exemple de transition difficile mais médiatisée et vectrice d’espoir. Les communautés abandonnées par les constructeurs automobiles, qui constituaient pendant le XXème siècle l’alpha et l’oméga de la “Motor Town”, dont de très nombreux Afro-américains, y ont réussi à développer une agriculture vivrière low-tech, résiliente et saine.

• Et si chacune et chacun trouvait sa place grâce à la terre ? Et si cette transition agro-écologique était le meilleur moyen de lutter contre les inégalités ? Et si finalement, Sam Cooke avait raison ?


Le 20 janvier
BCE 106,6 Mhz (@bce_106_6)
https://seenthis.net/messages/661511
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Truck wars: It’s mortal combat for Detroit 3
http://www.detroitnews.com/story/business/autos/detroit-auto-show/2018/01/14/truck-wars-detroit-automakers/109473456


La folie automobile continue et Mercedes se fait représenter par le Terminator. La vidéo est remarquable : Tu invites un autrichien, alors il te faut du schnaps .

In an industry reckoning with technology-driven upheaval, Detroit keeps moving heavy metal.

The Detroit auto show is revolving around the crown jewels of the Motor City: beefy, American-muscle pickups. Ford Motor Co., General Motors Co. and Fiat Chrysler Automobiles NV premiered all-new pickups over the weekend, kicking off a high-stakes product stand-off that is almost unheard of at a single show.
...
These big trucks make big money for the Big Three, and fund the technology they’re developing to stay relevant in a rapidly changing industry. Full-size pickups had the second-fastest growth of any market segment in 2017, trailing only compact SUVs, according to Cox Automotive, a digital marketing firm that owns Kelley Blue Book and Autotrader.com. And the average transaction price on full-size trucks in December was roughly $47,500, compared to an average of $36,826 for all vehicles.

Detroit’s pickups are especially pricey. The average Ford F-Series pickup sold for $51,320 in December, according to Cox Automotive. That was topped by the GMC Sierra, going for about $53,170. The average transaction price for the Ram pickup was roughly $46,430 last month, and the average Chevrolet Silverado selling price was $42,340.

Full-size pickup sales accounted for about 14 percent of the market last year — the highest since 2005 — and the total market share for pickups was 16.4 percent, the highest in a decade, according to Edmunds.

I’ll be back ...
http://www.detroitnews.com/videos/embed/109474838

Dieter Zetsche and Arnold Schwarzenegger introduce the new Mercedes G Class | 2:39

The Michigan Theatre was the backdrop for the refresh of Daimler AG’s classic SUV

#wtf #économie #environnment #trumpisme #transport

Meet the People Building Their Own Internet in Detroit
http://www.filmsforaction.org/watch/meet-the-people-building-their-own-internet-in-detroit

When it comes to the internet, our connections are generally controlled by telecom companies. But a group of people in Detroit is trying to change that. Motherboard met with the members of the...


Le 12 janvier
filmsforaction [RSS] (@filmsforaction)
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Reading the ruins | Thinkpiece | Architectural Review

https://www.architectural-review.com/rethink/reading-the-ruins/10026503.article

Ruins are a reminder of architecture’s transience, but they also embody often contested projections of meaning and memory

When the American artist Ryan Mendoza recently acquired a small abandoned house in Detroit, he had no intention of living there. Aided by crowdfunding, he dismantled it and shipped it to Europe as his contribution to the 2016 Rotterdam art fair. Extracted with forensic precision like an eroded tooth from a carious urban milieu, the transplanted dwelling was marooned forlornly on a hardstanding next to the fair’s exhibition halls. Its ‘authentically’ decayed state was seen as a testament to the precarious condition of Detroit and, by implication, America as a whole.

#architecture #ruines #ghost

Petit-fils d’esclaves, Charles Denby (1907-1983) passe son enfance sur une plantation de coton de l’Alabama avant d’aller chercher du travail dans les usines automobiles de Detroit, dans le Michigan, où il deviendra un militant syndical pugnace. Sur la plantation, la grand-mère raconte ses souvenirs du temps de l’esclavage, les métayers noirs se défendent comme ils le peuvent contre les exactions des propriétaires blancs, et les jeunes partent vers le Nord où ils espèrent échapper au racisme et à l’exploitation. Mais dans les usines du Nord, les Afro-Américains sont relégués aux postes les plus durs, les moins qualifiés et les plus mal payés — et les dirigeants syndicaux les incitent surtout à prendre patience. Alors Denby apprend à se battre. En pleine Seconde Guerre mondiale, il organise une grève sauvage dans son atelier, ce qui lui vaut d’être repéré par des militants communistes et trotskistes locaux. Les années 1943 à 1951 sont des années d’apprentissage syndical et politique — et de confrontation directe aux multiples formes du racisme à l’usine et dans les groupes politiques.

Un remarquable témoignage sur la vie et les luttes des prolétaires afro-américains au vingtième siècle.
#mouvement_ouvrier #syndicalisme #ségrégation #esclavage #éditions #autobiographie
http://www.pleinchant.fr/titres/Voixdenbas/Denby.html
http://www.pleinchant.fr/index.html
Plein Chant
imprimeur-éditeur
35, route de Condé
16120 BASSAC


Le 9 janvier
Vanderling (@vanderling)
https://seenthis.net/messages/658349
city:detroit - Seenthis


Le Décembre 2017
Vanderling (@vanderling)
https://seenthis.net/messages/655248
#fukushima - Seenthis

http://www.nova.fr/trois-heures-du-matin-quand-detroit-devient-ville-fantome

Faut un sacré courage pour aller faire des photos à la chambre la nuit dans les rues de Détroit, c’était déjà dangereux dans les années 80, aujourd’hui c’est sans doute suicidaire.


Le Décembre 2017
Philippe De Jonckheere (@philippe_de_jonckheere)
https://seenthis.net/messages/655131
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#Johnny be good
https://lundi.am/Johnny-be-good

Johnny Hallyday, on a tous des copains qui l’adorent et ça nous fait rigoler… parce qu’en vrai ce gars-là est au rock’n roll #ce_que_la_Ricorée_est_à_l'expresso_napolitain. Mais comme disait Marx, « dans une société fondée sur la misère, les produits les plus misérables ont la prérogative fatale de servir à l’usage du plus grand nombre ».

Donc, les futurs prolos de la France fordiste entendent à longueur d’ondes ce produit, ni rocker ni crooner, juste un chanteur de variétés merdique qui se la joue. Il est dans tous les #juke-boxes, ou heureusement on peut trouver parfois du rock’n roll pour se nettoyer les oreilles, #Chuck_Berry, Jerry Lee Lewis, Eddie Cochran (« le meilleur » dit toujours mon copain Saïd), Little Richard… « on comprend pas les paroles » disent les fans de Johnny… Qu’importe, on comprend le titre, c’est suffisant pour capter l’incitation à se lâcher… « Come on over baby, whole lotta shakin’ goin’ on », pas besoin d’avoir été à la grande école pour saisir, non ?… Pareil quand Jim Morrisson chante « Light my fire »…

Charles Denby
Cœur indigné. Autobiographie d’un ouvrier noir américain

https://lavoiedujaguar.net/Charles-Denby-Coeur-indigne-Autobiographie-d-un-ouvrier-noir-america

Petit-fils d’esclaves, Charles Denby (1907-1983) passe son enfance sur une plantation de coton de l’Alabama avant d’aller chercher du travail dans les usines automobiles de Detroit, dans le Michigan, où il deviendra un militant syndical pugnace. Sur la plantation, la grand-mère raconte ses souvenirs du temps de l’esclavage, les métayers noirs se défendent comme ils le peuvent contre les exactions des propriétaires blancs, et les jeunes partent vers le Nord où ils espèrent échapper au racisme et à l’exploitation. Mais dans les usines du Nord, les Afro-Américains sont relégués aux postes les plus durs, les moins qualifiés et les plus mal payés — et les dirigeants syndicaux les incitent surtout à prendre patience. Alors Denby apprend à se battre. En pleine Seconde Guerre mondiale, il organise une grève sauvage dans son atelier, ce qui lui vaut d’être repéré par des militants communistes et trotskistes locaux. Les années 1943 à 1951 sont des années d’apprentissage syndical et politique — et de confrontation directe aux multiples formes du racisme à l’usine et dans les groupes politiques. (...)

#Afro-Américain #Detroit #usine #autobiographie #lutte_sociale #racisme #ségrégation #C.L.R._James


Le Décembre 2017
la voie du jaguar (@la_voie_du)
https://seenthis.net/messages/651092
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Detroit Wild City
http://www.nova-cinema.org/prog/2017/163-decembre/brik/article/detroit-wild-city

Florent Tillon, 2011, FR, video, VO ANG ST FR, 80’

« J’ai vu l’herbe pousser sur les parkings où l’on produisait de l’acier, des voitures et des machines à laver. » Ancien symbole du rêve américain, où Ford s’est installé, Détroit (Michigan) était l’une des villes les plus florissantes dans la première moitié du siècle dernier. Puis elle s’est effondrée, pour devenir l’archétype de la ville du passé. Au cinéma, Verhoeven, Jarmusch, Eastwood et tant d’autres s’en sont alors emparés. Cette ville serait-elle condamnée ? C’est ce que s’est demandé Florent Tillon dans ce très beau documentaire tourné en 2011. Terreau de luttes variées, dont la plus récente oppose le goudron à la nature, Détroit redeviendrait sauvage. Le réalisateur questionne ces mutations, où s’entremêlent ségrégation, délitement et (...)


Le Décembre 2017
Cinema Nova (@cinema)
https://seenthis.net/messages/651090
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La présence d’un exploitant nucléaire japonais dans la Manche fait réagir
https://www.lamanchelibre.fr/actualite-429981-la-presence-d-un-exploitant-nucleaire-japonais-dans-l

Plusieurs représentants de Tepco, l’exploitant nucléaire japonais responsable des réacteurs accidentés de Fukushima, assistaient en qualité d’observateurs à la commission locale d’information (Cli) du centre de stockage de l’Andra ce vendredi 1er décembre 2017. Une présence qui n’était pas au goût de tous.

« transparence » qu’ils disent...

#nucléaire #Fukushima #La_Hague

Childline and NSPCC condemn ’unacceptable’ Detroit: Become Human
http://www.gamesindustry.biz/articles/2017-12-04-childline-and-nspcc-condemn-unacceptable-detroit-become-hu

Campaigners concerned by the depiction of violence against children

#Politics


Le Décembre 2017
GamesIndustry.biz (@gamesindustry)
https://seenthis.net/messages/649515
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#Radio América, un road trip musical (2/5) : 2 arrêt #NOLA

Presque 10 ans après Katrina, comment la « nouvelle » Nouvelle Orléans revit-elle ? Après les « lois martiales » et l’état d’urgence qui ont obligé les habitants (et les musiciens) à quitter la ville après l’ouragan, quels artistes sont revenus ? Comme à Détroit ou dans le New York en plein chaos des années 70’s/80’s, aux Etats-Unis, plus qu’ailleurs, c’est souvent sur les vestiges du rêve américain que pousse la musique la plus novatrice, là où les destructions et les quartiers abandonnés laissent le champs libre à la (re)création et à un renouveau devenu indispensables.

https://www.franceculture.fr/emissions/continent-musiques-dete-multidiffusion/radio-america-un-road-trip-musical-25

https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/cruiser-production/static/culture/sons/2014/08/s35/NET_FC_67e7298b-65bb-4839-9826-0d4825c0c110.mp3

#NouvelleOrleans #NewOrleans #radio #FranceCulture


Le Novembre 2017
jeanmarie (@jeanmarie)
https://seenthis.net/messages/648571
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