Du 3 au 9 février, Maison de la Grève.

US Apocalypse

Quelques jours pour penser depuis l'Amérique du Nord et Rennes Métropole la fin du monde, et son au-delà.

Viens !

C’est ainsi que s’achève l’Apocalypse de Jean, le dernier texte du nouveau testament chrétien, et que commence notre civilisation. Un mot qui donnera la tonalité de 2000 ans d’histoires.

Ce « Viens ! » la traversera, de part en part, et en profondeur.

Il annonce le retour imminent du Christ. Il marquera le signe de la fin des temps, l’instauration de la cité de Dieu, la victoire des bons sur les méchants pour les siècles des siècles. Mais il ne viendra pas. Ce sera le « Viens ! » du gouvernement, de la suspension. Le « Viens ! » d’un temps qui n’est pas là, d’un temps à venir. Et finalement, le « Viens ! » de la soumission au temps présent, en attendant. « Ils attendaient le retour du Christ, et c’est l’Eglise qui est venue ».

D’autres l’entendront comme un « Viens ! » gratuit, rageur et sensuel, mystique. Un appel à nous-même, ici-même, au soulèvement de l’âme. Un appel au présent, à ce qui est là, tellement proche, muré dans la routine de soi, dans la répétition du monde. Viens à moi. Viens en moi. Réveille-moi.

Pour d’autres encore, ce sera le « Viens ! » révolutionnaire. Un « Viens ! » qui appel, comme un mantra, un hymne ou un cri, pour tout changer, pour tous, définitivement. Viens en nous. Réveillons-nous.

Ces quelques jours pour penser et goûter avec ces possibilités du monde.

Viens !

Semaine US Apocalypse

Le programme est susceptible de changer.

Avant

- le 28 janvier 28h00 Lecture de Deleuze : « Nietzsche et Saint-Paul, Lawrence et Jean de Padmos », préface de Apocalypse de D.H. Lawrence. "La modernité de l’Apocalypse est moins dans les catastrophes annoncées que dans « l’instauration démente d’un pouvoir ultime, judiciaire et moral »" .

Pendant

- le 3/02 : 20h30 | PROJECTION
Las Vegas Méditations, en présence du réalisateut Florent Tillon. « Ville du degré zéro de l’urbanité, de l’architecture et de la culture, ville du degré zéro de la sociabilité, de l’art et de la pensée. Ville du trop qui devient sans, de l’excès qui se mue en défaut, de la profusion qui tourne en privation. » Bruce Bégout - Zeropolis

- le 4/02 : 20h30 | PRESENTATION
Messianisme, rédemption et métamorphose. Analyse de l’inspiration apocalyptique dans les différents courants messianiques, bouleversés par la kabbale lourianique et Sabbataï Tsévi, et dont les conséquences courent jusqu’à nous qui en racontons l’histoire.

- le 5/02 : 20h30 | PRESENTATION
Anthropocène : analyse de l’effondrement de la civilisation (USA). Bienvenue à l’ANTHROPOCÈNE : l’ère dans laquelle les humains sont devenus une force assez puissante pour dissoudre la société humaine elle-même, rivalisant avec celle d’un super-volcan ou d’une astéroïde.

- le 6/02 : 15h00 | PRESENTATION
Fukushima. Vers le nord ou vers l’ouest : à la recherche d’un paradis en enfer (qui n’existe pas) (JAPAN). Le meilleur moyen de faire face à l’accident nucléaire, c’est de partir : tu abandonnes la terre contaminée et recommences une nouvelle vie ailleurs.

- le 6/02 : 20h30 | FILM
Detroit ville sauvage, en présence du réalisateur Florent Tillon. Bienvenu à Détroit, capitale du crime où l’herbe pousse sur les parkings et où les bâtiments s’effondrent. Ici, un nouveau mode de vie prend forme, et même si les graffitis annoncent des jours apocalyptiques, il n’y a aucune raison de paniquer. Résurrection urbaine après le désastre invisible du XXIe siècle.

- le 7/02 : 19h00 | APERO
Apéro survivaliste : dégustation d’insectes.

- le 7/02 : 20H30 | DISCUSSION
Fictions apocalyptiques. La guerre des usages politiques de cet imaginaire décisif.. L’apocalypse présente n’est pas le début de la fin, mais son ajournement perpétuel. La crise permanente n’est plus la crise classique qui signifiait “moment décisif”, fin de la suspension, mort ou salut, c’est l’état du monde, et de sa gestion.

- le 8/02 : 20h00 | FILM + CONCERT
Projection (Unclear holocaust) et Concert (Kawaii mort) dans un lieu tenu secret augmentant ses chances de survie face à l’apocalypse.

Après

- A des dates non définies : Visite de la tenture de l’Apocalypse au château d’Angers - http://angers.monuments-nationaux.fr/ et cours sur l’icônographie Apocalyptique. Si vous voulez être tenu au courant ou proposer des films, des ateliers, des discussions... Faites-nous signe.



mardi Janvier 2014
18h 00

« Nietzsche et Saint-Paul, Lawrence et Jean de Padmos », préface de Deuleuze à Apocalypse de D.H. Lawrence


Lecture


En écrivant son commentaire de l’Apocalypse, DH Lawrence renverse l’idée qu’on se fait communément du christianisme : ce qu’il prône n´est pas la bonté et le renoncement au pouvoir du Christ ; L´Apocalypse est le récit des faibles — les premiers Chrétiens — qui veulent s´emparer un jour du pouvoir des forts symbolisé par Babylone, c´est-à-dire Rome. D’après Gilles Deleuze, la modernité de l’Apocalypse est moins dans les catastrophes annoncées que dans " l’instauration démente d’un pouvoir ultime, judiciaire et moral. "



lundi Février 2014
20h 30

Las Vegas Méditations


Projection


Entre vacarme de moteurs endiablés et figures acrobatiques extrêmes, des motos surgissent du désert et nous emmènent sur l’autoroute de Vegas.Sur le panneau « Welcome » de la ville, des bancs de touristes se prennent en photo à la chaîne.Dans un bar paumé, un col blanc trentenaire habillé en fan de Trash Metal se demande si sa vie n’est pas une blague. Son brillant groupe de Metal post-apocalyptique Dead Neon en est à sa deuxième démo, il se dit que c’est un début.

Entre ses banlieues abandonnées, l’épuisement radical de ses ressources naturelles, l’immoralité permanente de sa culture,Las Vegas est devenu la ville de la fin du monde, cristallisant toutes nos angoisses, fascinante Babylone de carton-pâte.

Que devient le sens de l’existence lorsque l’on vit dans une ville condamnée à disparaître ? Comment envisage-t-on l’avenir ? Comment est-ce que l’on s’y prépare ?



mardi Février 2014
20h 30

Messianisme, rédemption et métamorphose


Présentation


Au premier chapitre de son ouvrage décisif sur le messianisme juif, Scholem distingue les deux courants essentiels de ce mouvement protéiforme, à la fois religieux et politique : d’un côté, un courant restaurateur, visant au rétablissement du royaume - perdu et détruit - d’Israël ; et, de l’autre, un courant utopique, aspirant à un monde totalement inédit, entièrement nouveau quant à ses formes et quant à ses bases, un monde intégralement rédimé, transformé, métamorphosé.

Ces deux courants se nourrissent à une même source, celle de la tradition prophétique, d’où provient en partie ce qui fut d’abord une doctrine mystique : l’apocalyptique. Cette distinction entre un courant restaurateur et un courant utopique au sein du messianisme juif s’est progressivement muée en une division radicale. C’est cette division qu’il nous faut à nouveau divisé : il s’agit, pour nous, de voir ce qui appartient à l’élément apocalyptique, d’un côté, et ce qui relève de l’élément messianique proprement dit, à partir d’une nouvelle définition du messianisme.

Cette notion connaît un très profond bouleversement grâce aux efforts d’une nouvelle école de la kabbale juive, - qui en figure également le couronnement, - celle d’Isaac Louria, au XVIème siècle. C’est cette kabbale qui, à un siècle de distance, a inspiré l’extraordinaire mouvement messianique de Sabbataï Tsévi, au cours du XVIIème sicèle, et dont les conséquences ont couru jusqu’à la Révolution française - et jusqu’à nous, qui en racontons l’histoire.



mercredi Février 2014
20h 30

L’Anthropocène ("Jusqu’ici tout va bien mais ça pourrait bien être la fin du monde")


Présentation


Les glaciers fondent, Le Soudan, l’Égypte, la Syrie sont en flammes et partout des selfies font face à la dissolution du soi en attendant le grand déluge, une cohorte de zombies ou le prochain ouragan Sandy ou Katrina. Bienvenue à l’ANTHROPOCÈNE : l’ère dans laquelle les humains sont devenus une force assez puissante pour dissoudre la société humaine elle-même, rivalisant avec celle d’un super-volcan ou d’une astéroïde. Les humains, c’est à dire une entité capable de déchaîner des septillions de kilojoules d’énergie terrestre en un instant.

Cette discussion traitera de notre époque : une époque géologique nouvelle au cours de laquelle les humains ont eu un plus grand impact stratigraphique sur la Terre que tout autre processus ou forme naturel. Peuplant cet ère, notre civilisation s’acharne à rester viable, travaillant sans répit à maitriser l’environnement aussi bien qu’elle-même... et toujours au delà de ses propres limites. Le concept d’anthropocène n’annonce pas le triomphe de l’humanité mais son épuisement (du moins dans la forme dans la quelle elle se maintient). Marqué par la fonte de kilomètres de glace, des grandes tranches de côte avalées par la mer, la croissance du désert, l’expansion du flux phamaceutique (pour les humains, les animaux domestiques, les plantes), et l’existence même du film Her, l’Anthropocène s’approprie tout et dans ce mouvement fait grandir le désastre. Cela constitue le tissu et l’environnement de notre vie. L’intervention sera une lecture métaphysico-historique de “l’âge de l’homme”. Nous tenterons un examen post-mortem des infrastructures, peuples, et cours d’eau que les géologues, sous le concept d’anthropocène, se sont mis à étudier comme s’il s’agissait de rochers, de fossiles d’une civilisation morte. Un objectif clé de cette discussion sera de commencer à mettre en mots le sentiment commun qui nait de cette analyse pour lui donner une consistance concrète, élaborer un langage, des paramètres, et une stratégie pour affronter cette nouvelle réalité. Nous voulons forcer cette question : Étant donné que nous habitons dans une ruine, COMMENT VIVRE DANS UNE RUINE ?



jeudi Février 2014
15h 00

Fukushima. Vers le nord ou vers l’ouest : à la recherche d’un paradis en enfer (qui n’existe pas)



Le meilleur moyen de faire face à l’accident nucléaire, c’est de partir : tu abandonnes la terre contaminée et recommences une nouvelle vie ailleurs. Mais c’est pas évident. On va discuter cette difficulté dans le contexte de Fukushima en examinant un livre de Rebecca Solnit, *A Paradise Built in Hell : The Extraordinary Communities That Arises in Disaster *(2010, non traduit en français).



jeudi Février 2014
20h 30

Détroit ville sauvage


Projection


Bienvenu à Détroit, capitale du crime où l’herbe pousse sur les parkings et où les bâtiments s’effondrent. Ici, un nouveau mode de vie prend forme, et même si les graffitis annoncent des jours apocalyptiques, il n’y a aucune raison de paniquer. Detroit Ville Sauvage observe avec intelligence, coolitude, philosophie et distance, les changements dans les paysages urbains à ce moment historique où le “post” s’écrit avant “utopie” ou “dollar”.

D’invisibles désastres ont ruiné la ville. Tout ce qui reste sont des spots radio pour lutter contre l’endettement, des gangs de chiens errants, et un mystérieux tas de bibles calcinées. Mais au delà de ça, les gens ont commencé à se réorganiser en sociétés autonomes, où les pionniers font pousser des légumes et croient de nouveau au futur. Florent Tillon dirige sa camera sélective vers où les nouvelles idées poussent, parmi les ruines du 20ième siècle et de son “progrès éternel”. Et rien que de savoir que quelque chose de nouveau est en train de se passer est déjà en soi une bonne nouvelle…



vendredi Février 2014
19h 00

Dégustation d’insectes


Apéro survivaliste




vendredi Février 2014
20h 30

Fictions apocalyptiques. La guerre des usages politiques de cet imaginaire décisif.


Discussion


L’apocalypse présente n’est pas le début de la fin, mais son ajournement perpétuel. La crise permanente n’est plus la crise classique qui signifiait “moment décisif”, fin de la suspension, mort ou salut, c’est l’état du monde, et de sa gestion. Elle est fin sans fin, apocalypse durable, suspension indéfinie, différemment efficace de l’effondrement effectif, et pour cela état d’exception permanent.

La fiction Apocalyptique (et sa version capitaliste, de la « crise ») qu’elle soit dans la bouches des gouvernants ou des réalisateurs de films est une opération politique à plusieurs étages :

Déstabilisation. Les effondrements boursiers du monde, la mise en cessation de paiement de pays entiers, l’instabilité planétaire la plus fracassante ne doivent pas nous abuser : il n’y a pas présentement de crise du capitalisme en tant que commandement politique global. Ce qu’il y a, c’est un discours capitaliste de la crise, qui forme depuis les années 1970 une nouvelle technique de gouvernement. « Prévenir par la crise permanente toute crise effective ». Cela s’apparente, à l’échelle du quotidien, à la pratique contre-insurrectionnelle bien connue du « déstabiliser pour stabiliser », qui consiste pour les autorités à susciter volontairement le chaos afin de rendre l’ordre plus désirable à la population que la révolution.

Dépolitisation. Dans sa version apocalyptique, le changement vient d’un ailleurs totalement étranger : comète, martiens, dieux, zombies. Parfois plus familier : cataclysme climatique, guerre nucléaire, épidémie. Il en est de même quand il s’agit de la « crise » : marchés, spéculateurs, étrangers ou encore fainéantise. Au final le même effet : les changements majeurs de sont pas l’œuvre des hommes et si elles le sont, c’est contre leur volonté et à leurs dépends. Notre seule attitude possible est la réaction, et au pire l’attente. Et d’ici là, passer le temps.

Anticipation. Dans le même temps, les gouvernements travaillent à une ingénierie toujours plus fine permettant à leur pouvoir et à l’économie de perdurer, quoi qu’il se passe. Pensant les iunfrastructures de communications, de transports ou énergétiques, la résilience devient la science d’un gouvernement durable (face au catastrophe) et diffus (pour tenir, la décentralisation est plus efficace).

Maintenant.

Que peut-on apprendre de ce mouvement ? Comment s’en inspirer, le contrer ? Est-ce qu’une modification des formes de pouvoir appelle une modification des formes de résistances ?

Comment dans la catastrophe qui vient et qui ne vient jamais, dans cette catastrophe d’un temps qui n’est pas vraiment là, faire durer et consister un temps présent ? Comment dans un embrassement, résister à la fatigue et à la peur, le faire durer ? Comment le susciter ?

Comment ne pas revenir à la normale ? Comment s’épaissir ?



samedi Février 2014
20h 00

Unclear Holocaust


Projection


Dans un lieu tenu secret augmentant ses chances de survie face à l’apocalypse.

Détourné par le L’anti-banalité syndicat. 65 mins U.SS.A.

(Tout le contenu du film est protégé par le Fair Use Clause of the Copyright Act of 1976.) Unclear Holocaust est une longue autopsie du fantasme hollywoodien de la destruction de New-York glanée à travers une cinquantaine d’importants bluckbusters détournés pour réaliser une orgie ininterompue d’images de génocide. C’est un assemblage sans précédent d’énormes doses de capital et de propriété privée et tout ça dans un même film, qui, grâce à la mystérieuse efficacité de sa narration finit par s’anéantir dans un flots de feu, d’eau et d’aéronautique

A.B.U. Communiqué #1
« Un film Terroriste qui cambriole la propagande américaine et explose sur New-York. Tout est anéantit et le monde applaudit. A travers une cinquantaine de blockbusters détournés de leur prétention demokratique, on voit le Cinéma tel qu’il est : une anihilation sans retour, le fantasme d’auto-génocide de masse d’un monde dépressif et mégalomaniaque . L’écran se lève sur l’obscène derrière chaque image. Les personnages et la narration brûlent dans les mouvements brutaux d’une caméra psychotique d’où émane toute la violence. La mise en scène fait l’inventaire de l’arsenal visuel de la domination, enumérant et mesurant la puissance des armes du Spectacle. Le complexe militaro-hollywodien les utilise avec une rigueur exemplaire afin de lancer une attaque pour se prémunir de son ombre, le Terroriste. Et, comme dans toutes les rencontres avec son double, le protagoniste finit par s’auto-détruire. »



samedi Février 2014
22h 00

Kawaii mort


Concert


Dans un lieu tenu secret augmentant ses chances de survie face à l’apocalypse.



texte

On connaît l’apocalypse comme le dernier concept coolifié d’une époque en ruine. Partout on nous dit que la fin est proche. Les chrétiens nous bassinent avec leur mythe salvateur et les forces antagonistes ne cessent de prédire l’effondrement de la civilisation, une sorte de croyance en la rupture, oui, on y a cru un moment parce que les mythes nous atteignent encore. Mais on constate aussi que le monde n’en finit pas, de s’effondrer. Que c’est bien ce sur quoi les nouvelles formes de gouvernementalités sont constituées, sur l’effondrement. Gouverner cet effondrement de catastrophe en catastrophe, de misère existentielle en misère existentielle.

Nous vivons dans une époque en ruine et qui se porte bien. Les ruines sont l’esthétique, le décor au milieu duquel le monde suit sont cours. Je n’ai jamais foutu les pieds à Détroit et pourtant les ruines de cette ville ont déjà colonisé mon imaginaire, je me demande bien si on peut y traîner sans y croiser un photographe. Un nouveau lieu branché s’est formé au sein du ghetto, une sorte de musée à ciel ouvert du post- apocalyptique.

Les américains sont des milliers à se préparer à une catastrophe naturelle ou non, une de celle qui ravagerait la côte Est, une attaque de terroristes ou de zombies. Les « preppers », un mouvement de préparation dans l’attente, celle d’avoir l’opportunité de devenir le héros de sa propre vie, d’avoir le premier rôle de tous ces films hollywodiens catastrophistes que la planète bouffent en permanence. Paraîtrait qu’à Vegas y’a des magasins spécialisés dans la revente de balle anti-zombie, sérieux ? Las Vegas qui en attendant s’apprête à vivre une pénurie de flotte, et regorge de groupe de Métal aux paroles scandant la fin du monde.

Se remettre de Fukushima est un bien grand mot. Les gouvernements ont trouvé dans certaines catastrophes de grandes opportunités de perfectionnement, un réaménagement du territoire, un test de fonctionnement d’une infrastructure ou d’une stratégie de contre-insurection... Pour autant cela reste des catastrophes limitées dans le temps, un ouragan, un raz de marée, un crash économique. Fukushima c’est l’éternité. Fukushima nous montre combien il n’y a pas d’autre monde possible que celui qui est là, pourri par les radiations. De toute façon qui peut encore aujourd’hui se targuer de changer le monde ? Le déclin des contre-sommets nous en donne une certaine preuve. L’alternative maintenant c’est la connexion, la circulation ininterrompu des flux : les assemblées d’Occupy sur tweeter, le cabinet d’Obama qui pense sérieusement à la cyberdémocratie et Google qui se vante de pouvoir négocier son propre Etat où leur plate-forme serait le nouveau pouvoir.

Et merde on peut même plus avoir un bon vieux black out sans que les black Berry continuent à assurer les communications.

Difficile de mêler Apocalypse et devenir révolutionnaire. Peut être qu’il nous faudrait s’attacher à ce qu’il y a de devenir dans ce goût pour le black out. Imaginez les transports parisiens. Un parisien ça passe son temps à être transporté. On dit bien « transporté » comme un paquet. Je te raconte pas le nombre d’heures par jour à être complètement absent. Transporté comme un paquet, et là une panne de métro. Des centaines de paquets bloqués dans les sous-sols de Paris. Mais comme le paquet c’est pas qu’un paquet, le paquet quand il est bloqué il se réanime. Il commence à vivre dans cette nouvelle temporalité, une présence recouvrée, ici/ maintenant. Imaginons si le 4G n’avait pas permis que plus de la moitié des New Yorkais vivent leur ouragan Sandy derrière leur ordinateur à tweeter, retweeter et facebooker encore.

Si on aime le bordel, si on trip sur le black out, c’est qu’on croit à d’autres temporalités que le temps linéaire, que celle du but à atteindre. On croit à d’autres types de présences que celle qui attend de nous d’être des individus connectés, fascinés par la fluidité des métropoles radieuses, ceci est un mythe, explosons le, tout comme celui de la fin du monde.

La fin du monde n’arrivera pas dans un grand éclat spectaculaire, il n’y aura pas de grand soir suffisant, il n’y a pas la fin du monde puis son après. Il n’y a pas de paradis à nous attendre. La révélation on l’imagine maintenant et tout le temps. Fini d’attendre le moment où se serait tellement le bordel que la perspective d’aller bosser serait le truc le plus stupide à faire. Trouvons nous.

Bibliographie

Norman Cohn, Les Fanatiques de l’Apocalypse

L’incendie millénariste, disponible en pdf ici

Jacob Taubes, L’Eschatologie occidentale

Yves Christe pour les premiers siècles chrétiens et la canalisation institutionnelle de l’apocalypse

Daniel Arasse, Le Portrait du Diable

Jérôme Baschet, Justice de l’au-delà, sur le purgatoire, le Jugement dernier

Donald Weinstein sur Savonarole

Caroline Walker Bynum, Fragmentation and Redemption

Millard Meiss, The Black death sur les peintres et la peste à Florence

Joachim de Flore est l’auteur qui a réouvert la possibilité millénariste après l’identification par Augustin de l’Église et du millénaire. Voilà un site avec les diagrammes de ses manuscrits (diagramme de la progression historique des trois âges de l’histoire sur le modèle trinitaire et achevépar l’âge du Saint-Esprit).

Nouvelles du monde

Les messages qui suivent sont issus du réseau social Seenthis.net . Celui-ci permet "du short-blogging sans limite de caractères. De la recommandation de liens. Des automatismes pour rédiger facilement vos messages. Des forums sous chaque billet. De la veille d’actualité. Une thématisation avancée."

Ces message arrivent tout seuls ici et sont là pour donner un peu une actualité et une ambiance de ce qui se passera dans la semaine.

Vous pouvez en rajouter en vous inscrivant sur seenthis et en ajoutant les tags #it_has_begun, #apocalypse, #fukushima ou #ghost dans votre message.

L’anthropocène contre l’histoire - Le réchauffement climatique à l’ère du capital
Andreas Malm, La Fabrique Editions, le 14 avril 2017
http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=988

Du delta du Nil aux cercles polaires, le constat est effrayant : la Terre se réchauffe dans des proportions qui nous mènent aujourd’hui au seuil de la catastrophe. Le concept d’Anthropocène, s’il a le mérite de nommer le problème, peine à identifier les coupables et s’empêtre dans le récit millénaire d’une humanité pyromane. Or si l’on veut comprendre le réchauffement climatique, ce ne sont pas les archives de « l’espèce humaine » qu’il faut sonder mais celles de l’Empire britannique, pour commencer. On y apprend par exemple que dans les années 1830 la vapeur était, aux mains des capitalistes anglais, un outil redoutable pour discipliner la force de travail et une arme de guerre impérialiste ; on y suit la progression fulgurante de la machine mise au point par James Watt qui supplante en quelques années la force hydraulique – pourtant abondante et moins chère – dans l’industrie textile anglaise. En puisant dans les sources de l’histoire sociale, ce livre raconte l’avènement du
« capital fossile », ou comment la combustion ininterrompue de charbon a permis de repousser les limites de l’exploitation et du profit.

Il faut couper la mèche qui brûle avant que l’étincelle n’atteigne la dynamite, écrivait Walter Benjamin dans un fragment célèbre, « Avertisseur d’incendie », où il insistait sur la nécessité d’en finir avec le capitalisme avant qu’il ne s’autodétruise et emporte tout avec lui. Pour Andreas Malm, on ne peut pas mieux dire l’urgence contemporaine de défaire l’économie fossile par des mesures révolutionnaires.

Andreas Malm est maître de conférences en géographie humaine à l’université de Lund en Suède. Il est l’auteur de Fossil Capital : The Rise of Steam Power and the Roots of Global Warming (2016)

#inégalités #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocene #Anthropocène #capitalocène #climat #réchauffement_climatique #dérèglement_climatique

Compilation ici :
https://seenthis.net/messages/524060


Le 24 avril
Dror@sinehebdo (@sinehebdo)
https://seenthis.net/messages/593023
#it_has_begun - Seenthis

Hashima dite Gunkanjima (l’île cuirassé)
https://www.youtube.com/watch?v=pJwwQFYAm8I

#ghost_island #ghost_city

via la compilation hebdomadaire de gCaptain Maritime Monday
http://gcaptain.com/maritime-monday-april-24-2017

http://3kbo302xo3lg2i1rj8450xje.wpengine.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2017/04/hashima.png
Why Nagasaki was such a popular coaling spot: The Hashima Coal Mine; c1910 – commonly called Gunkanjima (meaning Battleship Island) lies approx 15 kilometers (9 miles) from the city of Nagasaki, in southern Japan. The 6.3-hectare (16-acre) island was known for its undersea coal mines, established in 1887, which operated during the industrialization of Japan.
suivi d’un lien vers un site qui interdit toute reprise de ses textes ou images…
http://www.japansmeijiindustrialrevolution.com/en/site/nagasaki/component04.html


Le 24 avril
Simplicissimus (@simplicissimus)
https://seenthis.net/messages/592840
#ghost - Seenthis

Le changement climatique est le terreau du terrorisme, constate un rapport d’experts
https://reporterre.net/Le-changement-climatique-est-le-terreau-du-terrorisme-constate-un-rappor
https://reporterre.net/IMG/arton12072.jpg

Même si le #terrorisme ou la #mafia ne datent pas d’hier, le rapport remarque d’abord que l’implication de ces groupes armés non étatiques dans les #conflits est croissante. « Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la nature des conflits a changé, passant d’une prédominance de conflits entre États à des #guerres_civiles ou à des conflits armés à l’intérieur des États », note-t-il. « On ne sait pas si les organisations armées non étatiques font de plus en plus de morts. Mais ce dont on est certain, c’est qu’elles sont de plus en plus nombreuses, et qu’elles sont de plus en plus impliquées dans les conflits dans le monde », explique à Reporterre Lukas Rüttinger, auteur du rapport et responsable de projet chez Adelphi.

Insurgency, Terrorism and Organised Crime in a Warming Climate
https://www.climate-diplomacy.org/publications/insurgency-terrorism-and-organised-crime-warming-climate
https://www.climate-diplomacy.org/sites/default/files/styles/medium/public/2017-03-27%2016_45_29-CD%20Report_Insurgency_170321_LR.pdf%20-%20Adobe%20Acrobat%20Reader%20DC.png?itok=NDobK_x_

#climat #gouvernance

Poland follows Hungary’s footsteps in corralling migrants

Warsaw wants asylum seekers to be housed in converted shipping containers.

http://www.politico.eu/article/refugees-europe-poland-follows-hungarys-footsteps-in-corralling-migrants
#Pologne #asile #migrations #réfugiés #containers #it_has_begun #logement #hébergement
(la Pologne comme la #Hongrie)

Décontamination maintenant : Que voir, que dire ?
http://www.vacarme.org/article2994.html
http://www.vacarme.org/local/cache-vignettes/L805xH485/arton2994-39541.jpg

Demi-vie à #Fukushima , Mark Olexa et Francesca Scalisi, Suisse, France, 2016, 61’, Japonais
, sous-titré Français, Anglais disponible sur Tënk jusqu’à mi-mars 2017.

Actualités / #Critiques, #Cinéma

Hungary will cease providing Kiskunhalas asylum-seekers with food by end of April

Refugees at the #Kiskunhalas camp in southern Hungary have been notified that soon they will no longer receive any food or stipends for purchasing food.

http://budapestbeacon.com/wp-content/uploads/2017/04/halas-tabor.jpg
http://budapestbeacon.com/featured-articles/hungary-will-cease-providing-kiskunhalas-asylum-seekers-food-end-april/46180
#camps_de_réfugiés #Hongrie #asile #migrations #réfugiés #nourriture #it_has_begun

ELO#273 - La compil de la fin du monde
Dror, Entre Les Oreilles, le 5 avril 2017
http://entrelesoreilles.blogspot.ca/2017/04/elo273-la-compil-de-la-fin-du-monde.html

La fin du monde approche, et telle celle du Titanic, il est hors de question que cela ne se produise pas en musique. Entre Les Oreilles est là et vous concocte encore une belle dernière playlist indispensable dont elle a le secret, pour vous accompagner jusqu’à la fin... :
https://www.youtube.com/playlist?list=PLkeA_mTMOkTs4BhK9rbAc8X1oB4jv03QG

Damia - Tout fout l’camp (1939)
Claude Nougaro - Il y avait une ville (1958)
Skeeter Davis - The End of the World (1963)
Monique Morelli - La ville morte (1965)
The Doors - The End (1967)
Gérard Palaprat - Pour la fin du monde (1971)
Sex Pistols - God Save The Queen (1977)
Willie Williams - Armagideon Time (1978)
Hubert-Félix Thiefaine - Alligators 427 (1979)
Jacques Dutronc - L’avant guerre c’est maintenant (1980)
Castelhémis - Les Centrales (1982)
R.E.M. - It’s The End Of The World (1987)
George Michael - Praying for Time (1990)
The Waterboys - Song from the end of the world (1990)
Bob Geldof - The End of the World (1990)
Nick Cave - Till the End of the World (1991)
U2 - Until the End of the World (1991)
Tom Waits - The earth died screaming (1992)
Richard Gotainer - Rupture de stock (1992)
Nino Ferrer - Blues en fin du monde (1993)
Radiohead - How To Disappear Completely (2000)
Muse - Apocalypse Please (2003)
Snog - Waiting (2003)
The Cure - The End of the World (2004)
Les Cowboys Fringants - Plus rien (2004)
Jean Leloup - La Fin Du Monde Est À 7 Heure (2005)
Soundforce - The Fin Du Monde (2007)
Didier Super - On va tous crever (2008)
Milk Coffee Sugar - Prévu Pas Prévu (2009)
Sanseverino - Swing 2012 (2013)

Commencée par @booz et @tintin ici :
https://seenthis.net/messages/545774

#Musique
#effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun
#Anthropocène #capitalocène

https://seenthis.net/messages/499739
https://seenthis.net/messages/524060


Le 20 avril
Dror@sinehebdo (@sinehebdo)
https://seenthis.net/messages/587048
#it_has_begun - Seenthis

Washington pushes world to brink of nuclear war - World Socialist Web Site

http://www.wsws.org/en/articles/2017/04/18/pers-a18.html

Washington pushes world to brink of nuclear war
18 April 2017

The repeated statements by US Vice President Mike Pence and other Trump administration officials Monday that the “era of strategic patience” with North Korea is over and “all options are on the table” have laid bare the mounting threat that Washington will provoke a war on the Korean peninsula involving the use of nuclear weapons and the deaths of millions.

“Just in the past two weeks, the world witnessed the strength and resolve of our new president in actions taken in Syria and Afghanistan,” Pence declared during a provocative visit to South Korea that brought him to the demilitarized zone (DMZ) on the North Korean border. “North Korea would do well not to test his resolve or the strength of the armed forces of the United States in this region,” Pence said.

#trump #it_has_begun #guerre_thermo_nucléaire (new tag...)

#seenthis_fonctionnalités Les #hashtags, hiérarchisés

Bon, les hashtags sont désormais omniprésent, je ne pense pas que ce soit particulièrement une caractéristique de Seenthis.

En revanche, il y a l’aspect hiérarchisé qui est marrant : les messages avec le hashtag #seenthis_fonctionnalités apparaissent aussi dans la page du hashtag #seenthis_fonctionnalité, et du hashtag #seenthis, et #seen… On peut par exemple préciser #spip-3.1, ou #spip-3 ou juste #spip, et ça fera une hiérarchie. On a une série avec #ghost et autres endroits abandonnés…

Et par ailleurs on a un système de thématisation automatique, qui tourne avec l’API Reuters (OpenCalais), qui produit des hashtags automatiquement.

Et enfin on peut s’abonner (« suivre ») des hashtags (pas seulement des @auteurs). Si on suit un hashtag, dans la logique des hashtags hiérarchisés, on voit aussi passer les enfants de son hashtag. Ça me semble particulièrement intéressant, parce qu’on peut taguer de manière précise (#spip-3.1), mais suivre de manière plus générale (#spip tout court).

La Russie, l’Iran, la Syrie et leurs alliés ont pris la décision de répondre a toute nouvelle aggression américaine :
(1) الاعلام الحربي المركزي - المنشورات
https://www.facebook.com/C.Military1/photos/pb.514376035412484.-2207520000.1491743166./681501815366571/?type=3&theater

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/17861884_681501815366571_4488133513982537328_n.jpg?oh=6f6c136b1f10d304fe8c604b3e755e0c&oe=59940656

UE : début des contrôles systématiques des Européens aux frontières extérieures

Les Européens vont faire l’objet de contrôles systématiques aux frontières extérieures de l’UE à partir de vendredi, en application d’une nouvelle législation européenne qui cible les « combattants étrangers » se rendant ou revenant d’Irak et de Syrie.

http://www.courrierinternational.com/depeche/ue-debut-des-controles-systematiques-des-europeens-aux-fronti
#contrôles_systématiques_aux_frontières #frontières #Schengen (fin de -) #it_has_begun #asile #UE #EU #Europe #migrations #frontières_extérieures #fermeture_des_frontières #surveillance #ordre_public #sécurité #terrorisme
cc @i_s_

Flu pandemic likelihood increasing as new strains emerge, UNSW researchers warn
http://www.smh.com.au/national/health/flu-pandemic-likelihood-increasing-as-new-strains-emerge-unsw-researchers-wa

“Some of the reasons involve things like climate change and its impact on pathogens, changes like urbanisation, but none of these things have increased at the rate the virus is increasing so there’s something else going on.”

The Spanish flu, which killed 50 million people in 1918-19, was followed by a 40-year hiatus during which no new flu strains emerged, and then a 10-year gap from the one after that to the next.

But the emergence of strains has gathered pace in the past 15 years.

Professor MacIntyre said a repeat of the Spanish flu was “very possible” and countries and sectors such as health, agriculture, defence and emergency services needed to collaborate better on how to respond in such an event.

#it_has_begun #grippe #pandémie #santé #peur et test de la capacité de #résilience des sociétés



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